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BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

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Published by ANDRE OBADIA -

Live @u Festival FESTIVEOLE le 4 juillet 2015 Sites Web : http://www.melissmell.fr https://www.facebook.com/melissmell

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Published by André Obadia -

André Obadia shared Dogs Naturally Magazine's video.

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Published by ANDRE OBADIA -


PHILEMON CIMON

(Chanson Poétique - Montréal)

 

L’urgence, la vulnérabilité et la générosité traversent les textes de Philémon Cimon et son processus de création. Son impétueuse envie de créer et de chanter s’est révélée lors d’un voyage en Inde. Il gagne plusieurs prix qui lui ouvrent les portes d’une belle tournée québécoise. Puis sa soif de voyage se poursuit, il part à Cuba et revient en 2011 à Montréal fort d’un nouvel album, « Les sessions cubaines ». L’opus reçoit un accueil chaleureux : « Sa musique et sa voix si particulière se marient effectivement très bien à la douceur et à la pesanteur havanaise, de même qu'aux rythmes chaloupés du jazz cubain. »

 

Le deuxième album « L’été » sort en 2014, Philémon y traque avec poésie la fragile beauté du monde. La même année est publié le recueil « Un an en été », des nouvelles écrites par des auteurs de renom tirées des chansons de « L’été ». Les projets 2014 sont magnifiquement bien reçus tant par la critique que du public, Philémon est d’ailleurs le récipiendaire du prix Felix Leclerc.

 

 EN CONCERT :

09 JUIL - Festival Pause Guitare - ALBI (81)
12 JUIL - Les Francofolies / Grand Theatre de la Coursive
- LA ROCHELLE (17)


 
CLIQUEZ ci-dessous et écoutez son dernier effort nommé "L'été" .
 

le clip "Julie July" tiré de l'album "L'été"

Philémon Cimon interprète la titre "Je veux de la lumière", tiré de son album "L'été".

hilémon Cimon chante le titre "Soleil blanc" dans le cadre de #Tweetlesparoles, un spectacle qui s'est tenu dans les studios de BRBR à Toronto.

le titre "Je te mange" accompagné de son magnifique clip.

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Published by ANDRE - - CHANSON-MUSIQUE, ACTUALITES, LOISIRS

Laurent Lamarca, le clip de Borderlune / CHANSON MUSIQUE / ACTUALITES
Laurent Lamarca
Nouvel album prévu en 2015
1er extrait : Borderlune
Laurent Lamarca est un touche à tout. Auteur-compositeur-interprète, multi- instrumentiste, il vit la musique avec passion, envie, dans l'idée de la partager au maximum avec le public.
 
Avec  Borderlune,  1er extrait  de  son  nouvel  album  dont  la sortie est prévue à l'automne, il aborde ses envies de partage et ses  idéaux, avec  ses  camarades musiciens  et  choristes, dans une folk puissante, humaine, et enjouée. Enregistrées au studio de La Frette avec Antoine  Gaillet  (Julien  Doré, BB Brunes),  les nouvelles chansons  de  Laurent  Lamarca  sont  résolument  pop, humaines et chaleureuses, à l'image de Borderlune.
 
Résolument tourné vers le partage, la musique de Laurent Lamarca se déguste avec en premier extrait le contagieux clip de Borderlune.
Une enfance à Lyon. Des après-midi avec ses premiers groupes dans le garage de son père musicien.

Des collaborations avec Camélia Jordana, Joyce Jonathan ou Luce. Puis l'envie d'exister sous son propre nom prend le dessus. Solo mais pas tout seul : son acolyte Victor Roux (arrangement), Julien Delfaud (Mix) Hélène Pince (Texte). De ces rencontres naîtra l’album « Nouvelle Fraîche » sorti en 2013. Un disque à l'écriture sensible et au vaste champ musical. Trait d’union entre les projets passés. "J’aime bien l’idée d’être à mi-chemin entre Souchon et MGMT" résumera l’intéressé avec humour.
 
Porté par les singles « J’ai Laissé derrière Moi » et « Taxi », l’album « Nouvelle Fraîche » de Laurent Lamarca a su séduire d’importants media, France Inter en tête, mais c’est sur scène que Laurent s’exprime le mieux. L’équipe du Chantier des Francos ne s’y est pas trompé.Une soixantaine de dates de concert émailleront la vie de cet album, en son nom ainsi qu’en première partie d’artistes tels La Grande Sophie, Tryo, Cali, Rodrigo & Gabriella entre autres.
 
A l’issue de l’exploitation de ce1er album, Laurent opte pour l’indépendance afin de revenir à l’essence de sa philosophie de développement. C’est chez French Flair que Laurent a trouvé une oreille attentive à ses envies et son projet musical. Laurent s’isole dans une maison ardéchoise et compose, écrit et pré-produit une vingtaine de titres qui formeront l’ossature de son second album. La phase de réalisation est confiée à Antoine Gaillet (Julien Doré, Jabberwocky, Adrien Gallo, etc…).

Les maitres mots de ces nouvelles chansons: le partage, l’empathie, l’optimisme. De ces thématiques nait l’idée d’un projet participatif dans son intégralité.
 
Un seul mot d'ordre : le partage !

« Il s’agit de créer différemment et en prise directe avec le public et plein d’artistes. » L’objectif de Laurent ne se résume plus simplement à « sortir un album, le promouvoir et partir en tournée. » Il devient avant tout d’impliquer, grâce à plusieurs dispositifs, le public, d’autres artistes et les acteurs de la filière du live à tous les niveaux du projet : dans la musique, dans l’image et sur scène.
 
Borderlune est le premier extrait de ce nouvel album à découvrir prochainement.
 
Laurent Lamarca, le clip de Borderlune / CHANSON MUSIQUE / ACTUALITES
En Concert
 
Juillet
dim 12    LA ROCHELLE (17) Duo avec Rose
 

Septembre :

lun 28    AUXERRE (89) Le Silex - Mélangélie
mar 29    AUXERRE (89) Le Silex - Mélangélie
mer 30    AUXERRE (89) Le Silex - Mélangélie
 
Octobre :
jeu 1     AUXERRE (89) Le Silex - Mélangélie
sam 3     DOL DE BRETAGNE (35) L'Odysée - Solo
mar 13    NANCY (54) Nancy Jazz Pulsations - Solo
lun 26    PARIS La Maroquinerie - SOUS RESERVE
ven 30    AUXERRE (89) Le Silex
 

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Published by ANDRE - - ACTUALITES, CHANSON-MUSIQUE, LOISIRS

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Published by André Obadia -

MASSACRE D'ORAN / 5 JUILLET 1962 / HISTOIRE

Le massacre du 5 juillet 1962, ou massacre d'Oran, se déroule à Oran, ville d’Algérie, le , trois mois et demi après le cessez-le-feu de la guerre d'Algérie, deux jours après la reconnaissance officielle de l’indépendance, quelques heures avant sa proclamation.

Il est le fait d’éléments armés algériens (ALN, ATO et civils) à l’encontre de civils européens (plusieurs centaines de morts et disparus) et musulmans (bilan inconnu). Les forces armées françaises attendent plusieurs heures avant de s’interposer. Au contraire du massacre du 17 octobre 1961, la France n'a jamais voulu reconnaître sa responsabilité, alors que c'est, sur un temps très court, le plus grand massacre de la guerre d'Algérie.

MASSACRE D'ORAN / 5 JUILLET 1962 / HISTOIRE

J'ai quitté Oran en février 1962, avec ma mère et mes deux soeurs. Nous avions découvert le froid et la neige à Grenoble, pendant que mon père était resté en Algérie, pour le travail. Je vivais mal cette séparation, mais j'eus la chance de voir mon père revenir vivant d'Oran, le 6 juillet 1962. Il était marqué par la peur après ce qu'il avait vécu lors de ce qui devait être son dernier jour à Oran.

Il nous raconta comment, evec quatre autres Européens, le repas du midi fut interrompu par 3 jeunes algériens armés. L'un voulait les tuer, deux n'étaient pas d'accord. Chacun leur tour, ils pensèrent leur dernière heure arrivée, avec le canon d'une arme sur le ventre, tirera, tirera pas...et puis ils sont partis, et mon père mit tout en oeuvre pour fuir sa ville natale, pour ne pas mourir. Son retour bouleversant me valut ma première bonne note en rédaction, l'émotion avait dû m'inspirer.

Nous devions apprendre ensuite qu'une mère de 4 enfants de nos amis avait disparu.

J'ai repris le fil de cette histoire peu glorieuse pour la France et l'Algérie, où la proclamation de l'indépendance avait été fêtée dans le sang.

MASSACRE D'ORAN / 5 JUILLET 1962 / HISTOIRE

L'appel à la manifestation du 5 juillet

Depuis le 1er juillet, des manifestations musulmanes ont salué joyeusement l’indépendance — défilés de voitures chargées d’hommes et de femmes « hurlant des slogans et des you-you mais, en somme, plutôt bon enfant ». Le chef de la wilaya V (Oranie), le colonel Othmane, acquis à l'ALN de l'extérieur, a dépêché sur Oran les sept katibas de l'ALN qu’il a pu reconstituer après le cessez-le-feu. Elles ont défilé dans la ville le 3 juillet, encadrant les manifestants. Ce même jour, 3 juillet, le capitaine Bakhti a donné l’ordre de cesser les manifestations.

Mais le 4 au soir elles reprennent. Car, sur Radio-Alger, le GPRA appelle à de grands rassemblements pour le 5 juillet, jour de la proclamation de l’indépendance. À Alger, les festivités seront présidées par Benyoucef Benkhedda et Krim Belkacem. Cette coloration GPRA de manifestations irrite peut-être les « ultras » : selon Jean-François Paya, aucun déploiement de foule n’est prévu en Oranie, bien tenue en main par les benbellistes. À Oran même, le capitaine Bakhti, lié aux ultras, affirme qu’aucune manifestation n’est prévue. Il appelle à la reprise du travail. Le capitaine Bakhti informait jusque là le général Katz (par le canal du commandant de gendarmerie Humbert) de tout ce qui touchait aux démonstrations de liesse. Il ne le prévient pas d’une manifestation devant se dérouler le jour de la proclamation de l’indépendance. Il ne le fera que le 5 juillet, « vers midi », c’est-à-dire après le début du massacre.

Les opinions divergent quant à la prise d’initiative de la manifestation...

  • Le général Katz avance que les gens, ayant entendu Radio-Alger, auraient spontanément décidé de défiler le 5 juillet.
  • L'historien algérien Fouad Soufi fait observer que les milieux intellectuels, scouts musulmans et syndicalistes UGTA de la ville étaient hostiles à l’ALN de l’extérieur. Ces modérés, ayant entendu les consignes du GPRA sur Radio-Alger, auraient initié la manifestation au mépris des injonctions du capitaine Bakhti.
  • Les théoriciens du coup monté, tel Jean-François Paya, souscrivent à cette idée. Mais ils vont plus loin. Le coup de feu mystérieux faisant dégénérer la manifestation « GPRA » aurait été, selon eux, une provocation des benbellistes. En déclenchant volontairement des troubles, les ultras accentuaient l’exode européen, déconsidéraient le GPRA et justifiaient l’entrée de l’ALN de l’extérieur dans la ville.
  • Jean Monneret balaie ces hypothèses. Selon lui, le FLN benbelliste d’Oran avait parfaitement en main la population musulmane. Elle n’aurait pu spontanément décider de défiler. Quant aux fidèles du GPRA (les modérés), ils n’étaient pas assez influents pour contrarier la volonté des ultras. L'historien affirme d’autre part que l’ALN de l’extérieur n’avait nullement besoin d’un prétexte pour entrer dans Oran. Selon Jean Monneret, la manifestation aurait bel et bien été organisée par le FLN benbelliste tenant la ville. Sur le point de comprendre pourquoi Bakhti n’a pas prévenu le général Katz, Jean Monneret veut y voir l’affirmation d’une distance prise, dans l’ivresse d’une émancipation toute neuve, vis-à-vis de procédures tatillonnes imposées par les Français.

La manifestation

plan très sommaire du centre ville d'Oran
 
Centre-ville d’Oran.

Il reste à Oran, le 5 juillet, environ 100 000 Européens. Ils bénéficient, en principe, de la garantie de leur personne par les accords d'Évian.

La manifestation musulmane se met en place, très tôt. Dès sept heures, la circulation automobile est perturbée. En tête, vont les scouts musulmans, aux foulards vert et blanc. Des banderoles antibenbellistes proclament : « Non au culte de la personnalité » ou « Un seul héros, le peuple ». Parti de Ville-Nouvelle, le cortège emprunte le boulevard Joseph-Andrieu, puis le boulevard Maréchal-Joffre, et prend à droite le boulevard du 2e-Zouaves, jusqu’à la place Karguentah.

Les manifestations des jours précédents s’étaient cantonnées à la bordure des quartiers musulmans. La foule aujourd’hui s’engage dans le boulevard de Sébastopol, retrouve le boulevard Maréchal-Joffre. Elle progresse ainsi vers la place d'Armes (place Foch), c’est-à-dire vers les quartiers européens.

Car une cérémonie est prévue, place d’Armes : l’ALN doit hisser le drapeau algérien sur la façade de la mairie. Des soldats de l’ALN, en treillis « léopard », sont en effet présents (il pourrait s'agir soit d'hommes de la wilaya V, soit de ceux de l'ALN de l'extérieur dont parle Bruno Étienne : la katiba de Cheir Belkacem). Le service d’ordre et la circulation sont assurés par des ATO en uniforme plus clair, submergés. Sur la place, la foule des manifestants musulmans est maintenant considérable, les femmes en haïk groupées d’un même côté, avec les enfants. L’atmosphère est à la fête, et l’exaltation à son comble.

La fusillade de la place d'Armes

plan très sommaire d'Oran
 
Plan général.

À 11 h 15, un coup de feu d’origine inconnue est entendu, place d'Armes. On n’y prête guère attention, puisque l’on est familier des coups de feu (depuis le 1er juillet, l’habitude est prise de tirer en l’air pour manifester sa joie). Mais d’autres coups de feu répondent au premier. Des musulmans armés se mêlent à la foule. Certains sont en uniforme (ATO et ALN). Et il s’avère que de nombreux manifestants sont armés. Les tirs se généralisent. Un mouvement de panique s’empare de la foule des manifestants musulmans. Beaucoup se couchent à terre. Femmes et enfants s’enfuient. Il y a peut-être des victimes. La fusillade est si nourrie et si confuse qu’on ne peut dire qui tire sur qui.

Le massacre

On ignore qui prend l’initiative du massacre d’Européens qui va suivre. En revanche, concernant son déroulement ainsi que les enlèvements, les témoins sont unanimes à mettre en cause l’ALN, les ATO et des civils équipés de pistolets et de couteaux. Au début, on voit beaucoup les ATO s’impliquer dans les lynchages et dans les meurtres. Puis, peu à peu, les hommes de l’ALN s’imposent en nombre dans les exactions.

Tous ces hommes armés agressent les Européens qu’ils rencontrent, dans un déchaînement meurtrier. C'est une véritable chasse à l’homme qui s’organise. Elle va mettre à feu et à sang de nombreux quartiers européens. Les hommes armés se ruent sur les immeubles, enfoncent les portes des appartements, ouvrent le feu dans les restaurants, arrêtent, enlèvent, égorgent, au hasard des rencontres. Des rafales de mitraillette balaient les terrasses des cafés, les porches, les voitures. Sur les atrocités commises, de nombreux témoignages se recoupent : exécutions sommaires d’Européens et de musulmans soupçonnés de leur avoir été favorables, scènes de lynchage (place d’Armes, boulevard de Sébastopol, place Karguentah, boulevard de l’Industrie, rue d’Arzew et ailleurs), actes de torture (pendaison, pendaison à un croc de boucher, mutilations, énucléations).

Les enlèvements

Les premiers rapts sont signalés vers 12 h 10 : une centaine d’Européens sont dirigés sur Ville-Nouvelle (quartier musulman du centre). D’autre rapts ont lieu avenue de Sidi-Chami (12 h 20). Entre 12 heures et 12 h 30, la poste principale est envahie, les fonctionnaires présents sont égorgés et une trentaine de personnes, hommes et femmes, sont enlevées, contraintes de se déplacer à genoux. À 13 h 15, des zouaves signalent de nombreux enlèvements d’Européens, rue du Lieutenant-Dahan et dans le secteur du cinéma Rex. D’autres sont signalés boulevard du 2e-Zouaves, rue d’Arzew (rue Général-Leclerc), boulevard de Mascara (boulevard Édouard-Herriot) et boulevard des 40 mètres (boulevard du Corps-Expéditionnaire-Français). Les hommes de l’ALN quadrillent la ville. Ils enlèvent des personnes, et les regroupent. C’est ainsi qu'ils conduisent des Européens en cortège au commissariat central, ou vers Petit-Lac (quartier musulman, au sud-est), où sont pratiqués des assassinats de masse. Certains de ces prisonniers sont tués en chemin. D'autres sont sauvés par des musulmans.

Les dispositions encadrant une intervention française

Les accords d’Évian (article V) prévoient que l’armée française peut intervenir, au cas où la sécurité de ressortissants français serait menacée. Et ce, jusqu’à la remise des pouvoirs à une Assemblée nationale algérienne élue. Il n'y a donc pas risque de protestation de la part de l'Exécutif provisoire algérien.

Mais, lors du conseil des ministres du 24 mai, Louis Joxe a évoqué la peur dans laquelle baignaient les harkis et les Européens ; et le général De Gaulle a livré son sentiment là-dessus : « La France ne doit plus avoir aucune responsabilité dans le maintien de l’ordre après l’autodétermination. Elle aura le devoir d’assister les autorités algériennes ; mais ce sera de l’assistance technique. Si les gens s’entre-massacrent, ce sera l’affaire des nouvelles autorités. »

Du 13 juin au 1er juillet, le général Katz, commandant le Corps d'armée d'Oran, a reçu d’Alger « vingt notes ou messages », parfois contradictoires, restreignant la capacité d’intervention française (en particulier, les notes des 13 et 19 juin de son supérieur direct, le général Fourquet, chef d’état-major en Algérie).

  • La note 2140 du 13 juin attirait l’attention sur le fait qu’après le scrutin d’autodétermination, l’Exécutif provisoire serait investi de toutes les responsabilités « sans disposer encore des moyens correspondants ».
  • Quant à la note du 19 juin, le général Katz en dit que « les dispositions arrêtées étaient bonnes tout au plus à régler une manifestation dans une paisible sous-préfecture. »

Le 21 juin, lors de la réunion du Conseil des affaires algériennes, le général De Gaulle a rejeté l'instruction Messmer autorisant une intervention « d’initiative française » (c’est-à-dire non sollicitée par l’Exécutif provisoire algérien). La décision finale du Conseil est donc plus restrictive : « L’intervention dite d’initiative ne devra être envisagée pour assurer la protection de nos forces ou celle de nos nationaux que dans les cas de légitime défense ou d’attaque caractérisée. » Dès le 23 juin, l'EMIA (état-major interarmées) rédige une instruction précisant que la France n'exerce plus de responsabilité de maintien de l'ordre, sauf menace directe et grave sur ses ressortissants.

Le 5 juillet, la menace est directe et grave. Mais le général Katz a pu, au travers des notes du général Fourquet, prendre la mesure de l’hostilité des politiques à toute intervention « d’initiative ».

La réaction française

Le général Katz sort de trois années de « mise au placard » pour avoir déplu au pouvoir politique. Rentré en grâce l’année précédente, il a obtenu sa troisième étoile. De son propre aveu, il est venu à Oran pour prouver qu’il la mérite.

Il commande le GAOR (Groupement autonome d'Oran) et, à titre provisoire, le XXIVe corps d'armée. Il est donc à la tête des 18 000 soldats français présents à Oran. Si les instructions qu’il a reçues sont déclarées « incompréhensibles » par Gérard Israël et « ineptes » par Jean Monneret, son attitude est qualifiée d’« atterrante » par Georges-Marc Benamou. Le général Katz tarde en effet à réagir (plusieurs heures s’écoulent entre le début du carnage et l'intervention des forces françaises).

Le JMO (journal de marche et d’opérations) du Groupement autonome d’Oran rappelle à 12 h 15 (un des moments les plus intenses du massacre) que les troupes sont consignées ce 5 juillet. Les témoins, tant civils que militaires, tant pieds-noirs que métropolitains, « confirment unanimement qu’il était interdit aux forces françaises d’intervenir ».

Le général Katz dit qu’il était privé de téléphone. Il dit n’avoir été informé de l’existence de troubles que vers midi, par le capitaine Bakhti, qui s’était déplacé.

« S’il y a eu cette malheureuse journée, dit le général Katz, la faute en incombe au gouvernement français, qui m’a retiré le maintien de l’ordre. Il a été passé au FLN qui était incapable de l’assumer. » Le gouvernement français « a agi avec légèreté en donnant le maintien de l’ordre à des gens qui ne pouvaient pas l’assumer. Il y aurait dû y avoir une période de transition de je ne sais combien, quinze jours, un mois où [ou], en tout cas, il aurait fallu qu’on puisse l’assumer avec eux ».

Les soldats français restent dans les casernes. Les initiatives participant d’un sentiment humain sont isolées, comme l’acte de désobéissance du lieutenant Kheliff, qui intervient avec son unité de chasseurs du 30e BCP, loin de sa base, pour faire libérer des centaines de prisonniers européens, regroupés devant la préfecture.

Article détaillé : Rabah Kheliff.

Autre officier enfreignant les ordres : le capitaine Croguennec, commandant la 2e compagnie du 2e Zouaves. Peu après 14 heures, il fait libérer plus de 400 personnes du commissariat central, et les accueille dans son cantonnement de l’école Jules-Ferry.

Les chronologies relatives à l'intervention française ne s'accordent pas toujours.

  • Le Général Katz dit qu'il donne l'ordre d'intervenir à « midi et quart, midi et demi ». Il donne cet ordre « aux gendarmes. Pas aux chefs de corps que je ne pouvais toucher » (des problèmes de transmission l'empêchent de joindre les forces de troisième catégorie). Les gendarmes sortent « tout de suite » pour patrouiller.
  • Geneviève de Ternant parle d'une sortie des gendarmes mobiles à 17 heures seulement, avec retour au calme immédiat.
  • Jean Monneret parle d'une mise en place de gendarmes mobiles et de leurs blindés à 15 heures, du calme qui revient uniquement sur les lieux de leur présence, et du retrait des blindés à 15 h 30. Il ne détaille pas la suite de l'intervention française, et ne fait pas état d'un déploiement des forces de troisième catégorie.
  • Georges-Marc Benamou évoque une intervention en deux temps : les « premiers gendarmes mobiles » ne sont « opérationnels qu'à 15 h 30 » ; puis, à 17 heures, « l'armée » (par ce terme, Benamou entend les forces de troisième catégorie) est « déployée » et le calme revient.
  • Jean-Jacques Jordi parle d'une intervention en trois temps : les blindés de la gendarmerie mobile se positionnent vers 15 h 45 ; puis « il faut attendre 18 h 45 pour que le général Katz demande aux gendarmes mobiles de patrouiller uniquement dans les quartiers européens » ; enfin, les forces de troisième catégorie se déploient (Jordi estime qu'elles ne sont pas encore déployées à 18 h 50).

Si l'on se fie au journal de marche et d'opérations du Groupement autonome d'Oran, c’est à 14 h 20 que l'ordre est donné de mettre en place des gendarmes mobiles « pour 15 heures » en six endroits du centre où ont eu lieu des troubles : square Garbé, devant le palais de justice, place Karguentah, devant le cercle militaire (où les gendarmes mobiles arrivent à 15 h 30), devant la poste centrale et place Sébastopol. Les gendarmes mobiles sont les « forces de deuxième catégorie » dont la note du général Fourquet en date du 19 juin  autorise l’emploi en cas de risque grave couru par les nationaux. Pour ce qui concerne l'intervention des « forces de troisième catégorie » (ce que les civils entendent communément par « l’armée »), la note dit qu’elle ne peut se faire que « sur demande expresse des autorités civiles ». Le maintien de l’ordre dans les quartiers périphériques — et notamment musulmans, où ont été emmenées le plus grand nombre des personnes enlevées — reste du ressort de l’ALN. À 15 heures, l'intervention des gendarmes mobiles est « statique » (pas de déploiement, pas de patrouilles). Leur présence a un effet apaisant sur les lieux même. Dans le reste de la ville, l'insécurité persiste. Des Européens sont enlevés à l'intérieur même de leur logis. Les patrouilles de l'ALN et des ATO tirent sans sommation sur piétons et automobilistes. Une demi-heure plus tard, à 15 h 30, ordre est donné aux blindés de « rentrer à leurs cantonnements ».

On ignore tout des palabres qui pourraient expliquer le retard pris dans l’intervention française. Le général Katz a peut-être négocié à la fois du côté français et du côté algérien.

  • Beaucoup de choses ont été dites au sujet d’un ordre téléphonique de non-intervention qu’aurait reçu de Paris, ce jour-là, le général Katz. Lequel dément catégoriquement : « Non, je n’avais pas d’ordres de Paris à avoir [...] Le maintien de l'ordre m'est retiré, je ne l'ai plus et puis c'est tout. » Les instructions sont là depuis la fin du mois de juin, il doit s’y plier : « Je ne pouvais intervenir que sur demande du préfet algérien. »
  • La négociation avec l'autorité civile algérienne porte-t-elle bien sur le seul recours aux forces de troisième catégorie ? ou faut-il négocier aussi le déploiement des gendarmes mobiles ? Le général est muet sur les éventuelles tractations. Il déclare seulement avoir rencontré le préfet algérien, Souiyah El Houari, à 16 h 30.

Néanmoins, enlèvements et assassinats se poursuivent jusqu'à la tombée de la nuit. Jean Monneret suggère que la négociation du général Katz avec le préfet algérien a pu être longue et ardue, et n'aboutir le 5 juillet qu'à des « mesures d'urgence ». En effet, selon le rapport du général Katz, il faut attendre le 6 pour que le préfet accepte que les gendarmes mobiles soient chargés en permanence du maintien de l'ordre dans les quartiers européens.

D'après Jean Monneret, dans les quartiers musulmans, l’ALN, qui a pris une part prépondérante au massacre et aux rapts, va se retourner avec un zèle féroce contre ceux qui l’ont accompagnée dans ces exactions : ATO et civils en armes. Ce qui pourrait expliquer un certain nombre des victimes musulmanes.

Après le massacre

Au soir de cette journée, le général de Gaulle apparaît comme prévu à la télévision, et proclame l’indépendance de l’Algérie.

Des charniers vont être découverts, notamment celui de Petit-Lac (le général Katz a toujours nié l’existence de ce charnier).

Le nouveau préfet Lahouari Souyah et le capitaine Bakhti annoncent que les responsables des troubles, qu'ils disent connaître parfaitement, seront châtiés sans pitié. Le 10 juillet, à Pont-Albin, le capitaine Bakhti présente aux médias 58 prisonniers musulmans arrêtés la veille à Petit-Lac. Il les charge de tous les crimes commis. Version à laquelle « personne ne crut à Oran, même chez les musulmans ». Selon Jean-Jacques Jordi, il ne s'agit là que d'une mise en scène destinée à tromper la presse internationale. Les prisonniers sont présentés comme des tueurs du bandit Mouedenne Attou. Ce « sanguinaire mais minable chef de bande » sévissait dans les quartiers est depuis le cessez-le-feu. Membre du FLN, il était chef du renseignement de la zone R4 — zone de Petit-Lac — à Oran. Les bruits les plus divers courent, sur le sort d'Attou. Selon le correspondant du Figaro, Attou se trouvait au nombre des prisonniers présentés à la presse. Mais l’OAS affirme l’avoir abattu le 24 avril. Selon Jean-Jacques Jordi, Attou ne figure pas parmi les prisonniers : Bakhti annonce que l'ALN vient de le supprimer. Toujours selon Jean-Jacques Jordi, Attou aurait fini sa vie à Oran, bien après l'Indépendance, après avoir travaillé aux abattoirs de la ville.

Ce massacre achève de terroriser la population civile européenne. Il lui montre qu’elle est privée de protection. Il lui montre la fragilité de son statut, défini par des accords d'Évian qui sont remis en cause d'un côté comme de l'autre. Le massacre suscite le désespoir des Européens, dont l’exode prend alors un tour définitif. Beaucoup s'étaient contentés jusque là de mettre leur famille en sécurité en métropole, en attendant de voir comment les choses allaient se passer. Cruellement édifiés, ils partent à leur tour. En octobre 1962, il ne reste plus en Algérie que deux cent mille pieds-noirs, sur environ un million l’année précédente.

Le nombre de victimes

Si tous les témoignages confirment les insoutenables scènes de massacre, l’ampleur de celui-ci est très difficile à estimer. Le désordre régnait alors. Depuis le cessez-le-feu, les habitants du bled avaient trouvé un refuge précaire dans la ville. Au port, sur l’hippodrome et à l’aéroport, dans un invraisemblable chaos, s’entassaient des milliers d’Européens espérant un départ. Côté algérien, on était en pleine lutte GPRA-ALN de l’extérieur. La volonté de silence des autorités, tant algériennes que françaises, gêne toute vérification.

Les chiffres avancés de part et d’autre oublient le plus souvent des précisions importantes : parle-t-on des morts ? des disparus ? des morts et disparus ? parle-t-on bien des seules victimes européennes ? ou des musulmans et Européens confondus ? parle-t-on bien de la seule journée du 5 juillet, dans la seule ville d’Oran ? Il s’ensuit une grande disparité dans les chiffres, et des querelles, même au sein de la communauté pied-noir.

Premiers chiffres (nombre de morts musulmans et européens)

Les chiffres officiels de l’époque (basés sur le premier témoignage du docteur Mostefa Naït, directeur de l’hôpital civil, et par ailleurs membre du FLN) faisaient état de 25 morts. Le docteur Naït est revenu par la suite sur ce chiffre pour parler de 95 morts, avec un rapport d’une victime européenne pour quatre musulmanes, et d’une victime par balle pour deux à l’arme blanche. Les chiffres officiels ne faisaient pas état des disparitions.

Morts et disparus musulmans

La mort ou la disparition de musulmans ne fut pas signalée aux autorités françaises, qui les considéraient, depuis la reconnaissance officielle de l’indépendance le 3 juillet, comme des Algériens. Sur les raisons de leur mort, on en est réduit aux conjectures : on pense qu’il pourrait s’agir de musulmans pro-Français, de manifestants de la place d’Armes et de victimes que fit l’ALN dans la répression qui a suivi le massacre, obscurs hommes de main « effacés » après avoir cessé de servir, trafiquants, gangsters et pillards divers. Les chiffres aujourd’hui proposés en France concernent presque toujours les seules victimes européennes.

Européens enlevés

Il y eut ce jour-là de nombreux morts européens dont les corps furent retrouvés. Mais il y eut plus encore d’enlèvements de personnes qui n’ont pas reparu depuis. Du côté des autorités, concernant les rapts, on se contente d’englober la journée du 5 juillet à Oran dans des chiffres plus généraux : sur l’ensemble de l’Algérie, en huit ans de guerre, de novembre 1954 au 19 mars 1962, 375 Européens furent enlevés par le FLN ; le phénomène s’amplifia brutalement dès le cessez-le-feu puisque, du 19 mars à octobre 1962, c’est-à-dire en sept mois, il y eut 3 018 Européens enlevés par le FLN. Un demi-siècle plus tard, la très grande majorité des personnes enlevées sont toujours considérées comme disparues.

Morts et disparus européens à Oran, le 5 juillet

  • Le lendemain du drame, le docteur Alquié, ancien adjoint au maire, ouvre une permanence à l'hôtel de ville. Dans la seule journée du 6 juillet, il recueille 500 dossiers de demandes de recherche.
  • Jean Herly, consul général de France, dit pour sa part avoir été saisi de 448 plaintes (concernant meurtres et disparitions — une plainte pouvant concerner plusieurs personnes).
  • Des associations de rapatriés parlent de « 3 000 disparus » à Oran, ce jour-là.
  • Pour Jean-François Paya, il s’agirait de près d’un millier de morts.
  • Jean-Pierre Chevènement, préfet d’Oran par intérim ce jour-là, cite le chiffre de 807 victimes que lui fournirent ses services (chiffre qu’il estime devoir être légèrement minoré, des habitants ayant peut-être gagné le port ou l’aérodrome, et trouvé un départ), et préfère pour sa part se résoudre à parler de centaines de victimes.
  • En 2010, Jean Monneret estime « raisonnable, toutes évaluations confondues », d’avancer que l’ordre de grandeur des victimes européennes du 5 juillet 1962 à Oran se situe « dans une fourchette de 400 à 600 ».

Morts et disparus dans le grand Oran, du 26 juin au 10 juillet

Jean-Jacques Jordi ne dissocie pas les victimes du 5 juillet de celles des jours qui précèdent et qui suivent. Il évoque tout d'abord des chiffres de 1962 : cette année-là, Jean-Marie Huille, conseiller technique pour les affaires militaires de Jean de Broglie (alors secrétaire d'État chargé des affaires algériennes), indique dans une note adressée à ce dernier qu'« il y a eu 671 victimes françaises des événements d'Oran (disparus et décédés) ». Jean-Marie Huille obtient ce chiffre en croisant les données des divers rapports fournis après les faits par des responsables français en poste à Oran.

Jean-Jacques Jordi compare les chiffres de Jean-Marie Huille à ses propres chiffres, déduits des archives qu'il a consultées : 353 personnes disparues et 326 personnes dont le décès a été constaté, soit un total de 679 victimes (du 26 juin au 10 juillet 1962, dans le Grand Oran). Ce qui est très proche de l'évaluation de Jean-Marie Huille. En tenant compte « des cas dits incertains », l'auteur estime donc qu'il y a eu en quelques jours, dans le Grand Oran, 700 morts et disparus européens et une centaine de morts et disparus musulmans.

La reconnaissance du massacre

« Le massacre du 5 juillet d’Oran, écrit Georges-Marc Benamou, semble être un événement clandestin, discutable, fantasmé, et dont seuls les survivants se repassent le souvenir. Aucune étude historique définitive. Pas de véritable investigation. Peu de livres. Pas une plaque, nul hommage officiel de la République. Quand il s’agit des massacres du 5 juillet d’Oran, tout est sujet à caution. » Se heurtant aux intérêts économiques, à des préoccupations d’ordre hagiographique, au silence des pouvoirs publics, à celui des médias et des historiens, les familles des victimes se battent pour que le massacre soit reconnu.

À la question d’un parlementaire, lui demandant de préciser ce qu’il envisage afin que la mémoire des victimes du massacre d’Oran puisse être commémorée, Hamlaoui Mekachera, ministre français délégué aux anciens combattants, répond, en 2007 :

« Je tiens à rappeler que la République rend solennellement hommage aux combattants morts pour la France pendant la guerre d'Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie le 5 décembre de chaque année. Conformément aux dispositions de la loi no 2005-158 du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés, les victimes civiles et les disparus en Afrique du Nord sont désormais associés à cet hommage national. À ce titre, dans le cadre de la cérémonie nationale du 5 décembre 2006, une plaque a été inaugurée par le Premier ministre, en présence du ministre de la défense et du ministre délégué aux anciens combattants, quai Branly, près du mémorial national de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, pour rappeler la souffrance des familles confrontées aux violences, aux massacres ou aux disparitions. »

Le 20 avril 2015, Jean-Marc Todeschini, secrétaire d'État aux anciens combattants et à la mémoire, en visite à Alger, qualifie ce massacre de masse de « débordements tragiques ».

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un retraité qui prend le temps d'écouter et d'analyser tout ce qui fait notre quotidien... qui prend aussi le temps d'écrire... qui adore chiner... et qui adore les gravures anciennes... Un retraité qui aime vous transmettre ce qu'il aime, au hasard de ses souvenirs et de ses découvertes.

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