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Histoire - Manufacture de Beauvais

Contrairement à la Manufacture des Gobelins dont la production était essentiellement destinée au roi, la Manufacture de Beauvais, fondée en 1664, fut à l'origine conçue comme une entreprise privée qui devait trouver dans la vente de ses productions les moyens de subvenir à son existence. Son installation à mi-chemin entre les Flandres, haut lieu de production de tapisseries, et Paris, correspondit à la volonté politique de Colbert de couper la route à l'importation. Au début, Louis Hinart, puis son fils Jean-Baptiste dirigèrent la Manufacture qui rencontrait de nombreux problèmes financiers.


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XVIIe siècle

Dans un premier temps, les lissiers tissaient des verdures ou paysages à petits personnages alors que sous la direction de Philippe Béhagle, dès 1684, on tissa les Actes des Apôtres d'après Raphaël, la suite des Grotesques à fond jaune d'après Jean-Baptiste Monnoyer. De nombreuses pièces étaient destinées à l'exportation, telle que celle tissée pour le roi de Suède, les Conquêtes de Charles XI d'après Lemke, Martin des Batailles et Bérain.

 

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XVIIIe siècle

En 1722 Noël Antoine Mérou intègre Jacques Duplessis, peintre et dessinateur afin de fournir de nouveaux cartons aux lissiers. En 1726, Jean-Baptiste Oudry le remplace dans ses missions et donne à tisser des retranscriptions exactes de ses tableaux : Chasses nouvelles, Amusements champêtres, Comédies de Molière, Métamorphoses d'Ovide, Fables de la Fontaine.

La production du XVIIIe siècle marqua donc l'apogée de la Manufacture. La collaboration entre les peintres Oudry et Boucher concourut largement à cette éclatante réussite : Fêtes italiennes, Histoire de Psyché, Tenture chinoise, Amour des Dieux….
A cette époque sont aussi réalisées d'importantes productions de tapisseries pour sièges assorties aux motifs des tentures créant ainsi des ensembles décoratifs homogènes : Les Jeux russiens d'après Le Prince, Les Amusements de la campagne et les Quatre Ages d'après Casanova, Les Pastorales à draperies bleues d'après Huet.



XIXe siècle

En 1851, Viollet le Duc réalise des cartons à la gouache pour des ornements sacerdotaux, alors que Desportes, Oudry, Le Prince servent encore de modèles pour des écrans, des paravents…Puis, quelques panneaux décoratifs sont réalisés : Les Oiseaux d'après Cesbron, le Jardin du Luxembourg d'après Quost en 1902.



XXe siècle

Jean Ajabert, nommé à la tête de la Manufacture en 1917, veut ouvrir Beauvais aux peintres de son temps et commanda de nouveaux cartons. D'importants ensembles mobiliers sont alors crées d'après les cartons de Paul Poiret, Paul Véra, Capiello, Gaudissart… En 1936 la manufacture est rattachée au Mobilier national et gérée par une Administration générale dont dépendront aussi à partir de 1937 les Manufactures des Gobelins et de la Savonnerie. Des commandes furent passées à Jean Lurçat chargé de créer un ensemble de salon pour accompagné le panneau Les illusions d'Icare tissé aux Gobelins; alors que précédemment, Charles Dufresne avait conçu Plaisirs de la plage.

La manufacture prend alors une part active au renouveau de la tapisserie qui caractérise le XXe siècle et fait appel à de nombreux artistes contemporains. Henry Matisse, en proposant deux cartons, Polynésie, Le Ciel, et Polynésie, La Mer permit à la Manufacture de renouer à la grande tradition de tentures murales. Depuis, des artistes comme Maria Helena da Silva, Pierrette Bloch, Hans Hartung, et plus récemment Martine Aballéa, Christian Bonnefoi, Pierre Buraglio, Raymond Hains, Patrick Tosani ont collaboré avec la manufacture de Beauvais dont la production témoigne des multiples possibilités d'un mode d'expression ouvert à toutes les tendances esthétiques et contemporaines.



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Technique

La Manufacture de Beauvais abandonne la pratique de la haute-lisse pour n'utiliser que la seule technique de la basse-lisse dès le premier tiers du XVIIIe siècle. La basse-lisse se caractérise par l'utilisation d'un métier horizontal. Tous les fils de chaîne sont embarrés dans une série de lisses paires et impaires qui s'entrecroisent au moyen de pédales. Le lissier tisse à l'envers en suivant le dessin du modèle transcrit sur un papier blanc placé sous la chaîne du métier.



Le bâtiment

1939 Les bâtiments qui l'abritaient ayant été détruits par les bombardements en 1940, les ateliers s'installèrent dans l'enclos des Gobelins. Depuis lors une partie d'entre eux a regagné Beauvais dans de nouveaux locaux inaugurés en 1989.

 

Le musée de la tapisserie, à proximité de l'imposante cathédrale de Beauvais, présente gratuitement au public, les collections de la manufacture de Beauvais, constituées aussi bien de fabrications locales que de créations des tapisseries d'Aubusson.

Vous trouverez ci-dessous quelques unes des oeuvres magnifiques actuellement présentées.

 

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Published by ANDRE - TOURISME

commentaires

tenture 04/01/2012 16:03


Les oeuvres sont toutes aussi belles les unes que les autres.

ANDRE 05/01/2012 11:20



En plus, l'entrée du musée est gratuite...


Merci de votre visite


à bientôt


cordialement


André



gerard 27/01/2010 21:05


Un bien bel article fort bien illustré et intéressant. Quand je pense que "faire tapisserie" est un malheur. Tout dépend si l'on demeure de dos au tapis ou de face.
A bientôt !


BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

"un retraité qui prend le temps d'écouter et d'analyser tout ce qui fait notre quotidien... qui prend aussi le temps d'écrire... qui adore chiner... et qui adore les gravures anciennes... Un retraité qui aime vous transmettre ce qu'il aime, au hasard de ses souvenirs et de ses découvertes. "

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