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Articles avec #ecrit personnel catégorie

IL MANQUAIT VALLS SUR LA PHOTO
IL MANQUAIT VALLS SUR LA PHOTO

IL MANQUAIT VALLS SUR LA PHOTO

LE VAINQUEUR EST...COURAGE!... FILLON

LE VAINQUEUR EST...COURAGE!... FILLON

A la veille des présidentielles de 2012, j'avais été inspiré pour un conte de Noël...mon coeur était plein d'espoirs...

Et nous revoilà à l'approche de Noël et de la présidentielle.

Pour ceux qui auraient oublié ce qu'était la droite, je les invite à relire le texte ci-dessous:

"Noël 2011...

Mon cher Papa Noël,

Je sais bien qu’en politique, il ne faut surtout pas croire en toi, pourtant je veux te remercier d’avoir su concentrer autant de talents à la tête de la maison France.

Depuis près de cinq ans, tu as transformé notre vie, et il fait bon vivre à la chaleur de notre foyer fiscal. Dommage que tu n’aies pas eu assez de boucliers à distribuer à tout le monde, mais les meilleurs en ont reçu, et c’est bien là l’essentiel.

Je travaille bien à l’école, même s’il y a de moins en moins d’enseignants…Pour me cultiver j’ai cherché à acheter le livre préféré d’un de tes ministres, « Zadig et Voltaire », mais je ne l’ai pas trouvé. Je dois être trop candide.

Mon papa allait partir à la retraite, mais grace à toi, il va pouvoir continuer à travailler, sauf que dans son entreprise ils ne veulent plus le voir parce qu'il coûte trop cher.

Je suis inquiet pour la santé des Français, Ambroise Croizat doit se retourner dans sa tombe. Je sais bien que tu n’as pas le temps de faire du social, surtout avec tous ces étrangers qui viennent nous enlever le pain de la bouche. Et puis, ce n’est quand même pas de ta faute si le chômage augmente sans cesse…il y a la crise !

Et puis tous ces grévistes ! Heureusement que tonton Claude peut envoyer ses policiers pour les remplacer dans les aéroports. Bon, ça nuit un peu au climat de sécurité dans le pays, mais là aussi, les statistiques augmentent. Les agressions se développent gentiment, ton Karcher doit être en panne.

J’ai l’impression que plus tu nettoies et plus il y a de gens qui veulent s’enrôler dans la Marine.

Si je pouvais formuler un seul vœu pour l’année prochaine, je souhaiterais que tu demandes à tonton Claude d’organiser un grand charter avec tous tes ministres au mois de mai prochain.

Ce n’est pas que je veuille vous envoyer sur les roses, mais cela me ferait vraiment plaisir, et je pourrais remettre un peu d’espoir dans ma bibliothèque.

Tu vas dire que « L’enfer, c’est les autres », mais entre « Le diable et le bon dieu » finalement, j’ai envie d’essayer l’autre…

Merci pour tout, et bon voyage.

Bien le bonjour d’André"

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Published by ANDRE - ECRIT PERSONNEL

objet_bureau_007.gifCauchemar

 

Cauchemar,

Je me sens minuscule,

Le lit se dérobe sous moi,

Chute vertigineuse,

Hurlement dans la nuit,

Un chien terrorisé aboie !

Cauchemar,

Un homme dans la nuit

Se faufile à tâtons,

Sa redingote noire

Me donne des frissons.

Hurlement dans la nuit,

Le chien terrorisé s’est tu.

Cauchemar,

Les reflets d’une dague

Eclaboussent la vie,

Il arrache une bague

Sur le mort et s’enfuit.

Cauchemar,

Un homme dans la nuit

Escalade le mur qui mène à mon trépas,

Puis au loin c’est un cri,

Un chien hurle à la mort,

Mais toi tu me souris,

                                   Tu me souris,

Puis tu grimaces dans la vie,

Tu grimaces et vomis,

Un chien hurle à la mort,

Tu souffres dans ton corps,

Un homme une dague à la main,

S’est éloigné sans bruit,

Et tu restes immobile,

Accrochée à la vie.

Cauchemar,

Je te serre dans mes bras,

Et le sang coule dans ton dos,

Le sang coule,

Et je mords sur tes lèvres

Un ultime sursaut,

Cauchemar,

Un chien hurle à la vie,

Mais le sang coule sur mon lit,

Un homme paré de noir

Va disparaître dans le soir,

Je me sens tout petit,

                                    Tout petit,

Un chien hurle à la mort,

                                         Dehors,

             La mort,

Le remords dans la nuit

Et la mort dans mon lit.

 

André Obadiaespace_049d.gif

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Published by ANDRE - ECRIT PERSONNEL

Matin glacial

 

Le jour se levait à peine, les rues de la ville endormie restaient désertes.

Lorsqu’il ouvrit la porte, il ignorait encore ce qu’il voulait au juste, il se laissait simplement guider par un mystérieux instinct qui le poussait à sortir.

Le vent glacial fit se crisper son faciès, mais malgré le froid hivernal, il commença à marcher le long des quais de la Seine, en direction du centre ville.

Par moments, il ressentait de terribles frissons, mais était-ce bien le froid qui les lui inspirait.

Il sentait dans son cœur, monter une horrible clameur de désespoir, de détresse infinie. Il éprouvait   juste une  impression de solitude, d’isolement.

Mais où donc allait-il ?

Il aurait voulu courir, s’enfuir loin de ces lieux coutumiers où il n’avait rencontré que tourments et incompréhension. Pourtant, malgré lui-même, quelque chose le retenait, une sorte de prison sans chaînes ni barreaux.

Son cœur, depuis longtemps, ne connaissait plus que la crispation, le mépris, la violence des émotions, et dans ce rude matin de janvier, toute cette rancœur l’étouffait, et c’est pourquoi il avait voulu sortir, avec cet ultime espoir de pouvoir se soulager, se délivrer, s’apaiser.

Sa main droite était contractée, comme s’il voulait engager un combat, mais à l’intérieur il pressait un petit bout de métal insignifiant, une petite clef qu’il regrettait de n’avoir pas utilisée hier au soir.

Il savait que pendant de longues heures, Sophie avait dû l’attendre, anxieuse dans sa petite chambre, et que le sommeil l’avait surement gagnée vers trois heures du matin, lorsqu’elle avait été certaine qu’il ne viendrait plus.

Et lui se demandait pourquoi c’était toujours elle qui faisait les frais de ses crises, de ses problèmes.

Un jour, elle se lasserait, et il se retrouverait seul, tout seul à tout jamais.

Sophie…Sophie…Il était sûr qu’elle comprendrait, qu’elle lui pardonnerait une fois de plus, elle seule savait le suivre dans ses dérives, l’aider à surmonter ses égarements !

Il pressa le pas, et le vent cinglait plus fort encore sur son visage désemparé.

Bientôt il arriverait devant l’immeuble de la rue Jeanne d’Arc, mais il ignorait encore si oui ou non il monterait jusqu’au troisième étage, et s’il se déciderait à placer la petite clef dans la serrure de la porte de gauche.

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Chaque fois, c’était la même chose, et chaque fois il renonçait, et rentrait chez lui attendre que Sophie l’appelle au téléphone, lui montrant qu’elle s’inquiétait encore de lui.

Il aimait sentir qu’elle lui était attachée, mais pourtant, il ne parvenait jamais à s’en convaincre.

Quand donc sortirait-il de ce cauchemar, de ses hésitations ?

A la hauteur du théâtre des Arts, il traversa pour remonter vers la gare.

Mais alors qu’il ne se trouvait plus qu’à deux cents mètres de l’immeuble de Sophie, il la vit devant la porte, avec une valise dans chaque main. Elle ne le vit pas arriver, et il fit un écart pour se dissimuler dans l’encoignure d’une porte cochère.

De son abri improvisé, il la vit remonter vers la gare, et un instant il eut envie de la rattraper, ou de l’appeler pour la retenir.

Mais pas un mot ne sortit de sa gorge, et il ne fit pas le moindre geste.

Ainsi donc elle partait, elle le quittait, sans doute fatiguée de tant de complications pour un amour si simple, si évident…

Alors il la revit, le premier jour, en maillot de bain noir, sur le bord de la piscine, alors qu’elle s’apprêtait à plonger. Elle dévoilait une partie de sa poitrine, et ses longs cheveux dorés semblaient couler sur ses épaules bien bronzées.

Cela se passait l’été dernier, et depuis ils ne s’étaient plus quittés ou presque.

Le seul drame, il en avait conscience, il devait l’imputer à ses incroyables sautes d’humeur qui le conduisaient parfois à s’isoler pour plusieurs jours, afin d’écrire des choses qu’il n’osait jamais montrer à quiconque tant elles étaient violentes et dictées par la haine, une haine immense à l’égard des hommes et du monde, une haine que seul l’amour de Sophie adoucissait parfois.

D’où lui venait cette aversion, cette misanthropie ? Il l’ignorait totalement.

Etait-elle le fruit de la guerre, ou celui de ses désillusions ? Sans doute ne le saurait-il jamais…

Une seule certitude s’imposait à lui, la fuite de celle qu’il aimait, la seule qui apportait la paix à son tourment perpétuel.

Pourquoi, mais pourquoi diable retenait-il ce cri qui lui brûlait les lèvres ?

Si seulement elle se retournait !

Devant son regard d’azur, il ne saurait résister !

Mais elle s’éloignait, et il ne voyait déjà plus que sa silhouette de rêve, comme un spectre dans la brume du matin.

Soudain il prit une décision, et s’élança dans l’escalier de l’immeuble, il monta jusqu’à la pièce qui avait protégé leurs amours, la clef n’hésita pas un seul instant à lui livrer le passage.

A l’intérieur, tout était bien rangé, mais les armoires vides rappelaient ce qui venait de se passer.

Sur le lit qui n’avait pas été défait au cours de la nuit, une feuille blanche, posée en évidence attira son regard.

Son cœur se mit à battre terriblement fort, il commençait seulement à réaliser l’étendue de sa désolation.

D’une main tremblante, il compulsa le papier sur lequel deux mots avaient été tracés au rouge à lèvres :

« Je t’aime »

Une dernière fois, elle lui répétait l’évidence, ce qu’il n’avait jamais voulu admettre.

Il ne put contenir les deux larmes qui glissaient le long de ses paupières, et sa main, en se crispant, froissa le papier avant de le précipiter au sol.

Puis ce fut l’effondrement. Il s’écroula sur le lit parfumé encore des odeurs de Sophie, et le couvre-lit étouffa un sanglot trop longtemps retenu.

 

André Obadia

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Published by ANDRE - ECRIT PERSONNEL

LA ROUTE

 

routes-france-1293865301-1106513.jpgDepuis déjà près d’une heure, au volant de ma voiture, j’ai déserté les grandes routes, et je roule le regard fixé devant moi, vers une destination inconnue…

A plusieurs reprises, j’ai tenté de m’arrêter, mais chaque fois, un impérieux désir me poussait à poursuivre mon chemin. Il s’agissait d’ailleurs bien d’une poursuite, à en juger par la vitesse que je maintenais depuis mon départ.

J’avais besoin de rouler vite, encore plus vite, et l’impression de vitesse se trouvait amplifiée par le fait que je ne croisais personne…

La nuit était tombée sans que j’y prenne garde, et je me sentais fasciné par l’éclat de mes phares sur cette route isolée.

Où pouvais-je bien aller ?

Depuis longtemps, plus aucune ferme ne bordait la chaussée, et, de part et d’autre de celle-ci, deux champs vierges s’étendaient à perte de vue.

Soudain, j’aperçus une légère lumière, à quelques centaines de mètres, et aussitôt je lâchai la pédale d’accélérateur pour immobiliser  enfin mon véhicule à la hauteur d’un homme muni d’une torche électrique.

Je cherchai à distinguer les traits de son visage dans la pénombre, mais je n’y parvins pas.

Je demandai si je pouvais lui être utile, mais il hocha la tête négativement, et son geste infiniment lent inspirait une profonde mélancolie, presque du désespoir.

Je repris donc ma route sans plus attendre, mais mon esprit restait auprès de cet inconnu que pourtant j’avais l’impression d’avoir déjà rencontré, j’avais envie de le comprendre.

Mon attention n’était plus à la route, lorsque je fus brusquement ramené à la réalité.

Ma voiture se mit à déraper, et j’eus beau manœuvrer mon volant, je ne parvenais plus à diriger mon véhicule.

Je n’eus que le temps de voir un énorme pylône se profiler devant le pare-brise, le bruit du choc fut impressionnant, et je me retrouvai loin des pédales, côté passager, au pied des places avant.

Ma tête résonnait encore d’une sourde frayeur, lorsque ma portière s’ouvrit, et l’homme sans visage me demanda :

-      Puis-je faire quelque chose pour vous ?

Je sentis un frisson me traverser le corps, puis tout se brouilla…

Lorsque j’ouvris les yeux, une infirmière tout de blanc vêtue me tournait le dos. Je l’appelai, et lorsqu’elle se retourna, je constatai avec effroi qu’elle n’avait pas de visage. Je lui demandai qui elle était, et elle me répondit :

-      Je suis celle que tu aimes et que tu ne rencontreras jamais !

Une étrange musique résonnait dans ma tête, au rythme d’un battement cardiaque, de plus en plus vite, de plus en plus vite.

L’infirmière me prit la main, et je sentis comme une brûlure sur tout le corps…

L’inconnu sans visage entra alors, et s’approchant de mon lit me murmura à l’oreille :

-      Nul ne peut rien pour toi, nul ne peut rien pour moi, nous sommes frères de misère, nous avons vécu les mêmes chimères.

Je le vis sortir, et je voulus l’appeler, le retenir.

Pas une parole ne parvint jusqu’à mes lèvres, ma vue se troubla et je crus entrevoir un sourire, mon sourire…

Des lèvres inconnues s’approchaient de ma bouche, j’avais envie de les croquer comme un fruit interdit…

Les lèvres me mordirent, me mordirent…

Puis la musique cessa…

 

 

 

André Obadia

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Published by ANDRE - ECRIT PERSONNEL

Terre de Provence

 

La terre de Provence est enfin apaisée, aujourd’hui, le mistral est tombé.

Sur quoi, sur qui ? Nul ne le sait ! Le mistral s’est absenté et nos âmes vont profiter de l’absolue sérénité. Le ciel à peine voilé de coton blanc semble tout près de caresser les arbres immobiles, parfois un peu secs sous la chaleur retrouvée…

L’esprit qui vagabonde est par instants surpris par le déchaînement des cigales.

Mais la pensée s’envole à travers les feuillages, le regard se perd au travers d’un bosquet où il surprend un mas dissimulé, à l’abri du passant, sous les reflets bleutés d’une piscine désertée à l’heure de la sieste des enfants, et peut-être des grands.

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La chaleur monte du sol, l’envie de ne rien faire guide mes pas, attiré par le silence réconfortant, même si par instants, le moteur d’un avion me fait lever la tête au moment où le planeur abandonné par son porteur, continue, lui, de chercher le vent qui va le transporter.

Terre de Provence, terre d’espérance, que cette paix immense qui m’envahit, comme une grave maladie, se répande alentour, et illumine  les êtres par la haine engourdis…

 

André Obadia

Pelissanne. 11 août 2010.

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Published by ANDRE - ECRIT PERSONNEL, LITTERATURE

LA MERE S'EN EST ALLEE.../ ECRIT PERSONNEL

La mer était bouillonnante lorsque Bernard s'assit au bord de la jetée.

Il regarda longuement les flots venir mourir sur la plage déserte à la tombée de la nuit, en cette veille de Noël.

Seuls quelques surfeurs tentaient encore de prendre les vagues, et Bernard les voyait comme des pions de la vie, s'agitant et glissant sur les flots, avant de disparaître dans un tourbillon.

Dans quelques mois il aurait 45 ans....


A l'âge où les larmes ne devraient plus couler, il reste au fond de l'âme une énorme tristesse, une infinie détresse, l'amour éclaboussé!

A l'âge où les fils sont grands, la mère s'en est allée, et le coeur s'est brisé, comme la vague sur le rocher.

Toute l'enfance, toute la naïveté, dans le silence s'est noyée.

Et qu'importe l'affection trahie, ou l'amour incompris, la mère s'en est allée, et le fils est resté.


En Octobre dernier, Bernard avait fermé les yeux de sa mère, des yeux devenus vitreux depuis de nombreuses heures, des yeux ouverts qui ne voyaient plus rien de la vie.

Le souffle s'était ralenti, puis l'oncle Albert avait fait signe, en pleurant, que tout était fini.

La leucémie avait fini son travail destructeur, et en quelques semaines, celle qui lui avait offert la vie s'était éteinte.


Le spectacle de la mer à Biarritz, lui faisait penser à la famille, aux moments de bonheur, puis aux déchirures.

Il n'avait pourtant pas de grands regrets, simplement ce soir, il ressentait le vide nouveau et cruel laissé par cette femme qu'il avait aimée et haïe à la fois.


Elle avait été sa complice au temps de son adolescence, lorsque le dialogue avec le père ne se faisait pas, et elle était presque devenue son ennemie depuis son mariage.

Monique, sa femme, lui avait donné deux fils, et ressentait déjà la peine qu'elle subirait le jour où ses hommes la quitteraient.

Monique aussi, avait beaucoup souffert de la disparition de la "Mamie".

Ces deux femmes n'avaient jamais pu se comprendre, et pourtant le décès avait été insurmontable pour Monique aussi. Il est vrai qu'on voit toujours sa propre mort dans la disparition des autres.


-Te voilà orphelin


lui avait-elle dit! En effet, sa mère n'avait survécu qu'un peu plus d'un an à son père.

Curieux destin que celui de ses parents, juifs Pieds-Noirs, expatriés d'Algérie, et réunis dans la terre du cimetière Monumental, à Rouen.

La vue est belle de ce cimetière, mais elle est différente du souvenir des plages de sable de son enfance. Le ciel parfois bleu n'aura plus la chaleur accablante de l'Afrique du Nord, il couvrira leurs deux corps réunis mais défaits par tant de maladie.


-Lorsque je serai à la retraite, nous....


Son père avait nourri bien des projets, en oubliant de vivre parfois.

Il avait attendu ce moment merveilleux où on ne travaille plus, mais où on est payé, ce moment où on a l'impression de devenir libre.

Sa liberté fut éphémère, puisqu'il fut atteint par une hémiplégie du côté gauche. Il resta grabataire pendant douze ans, ne devant sa survie qu'aux soins incessants de sa femme, qui trouva la force de le nourrir, de le sortir à chaque fois des hôpitaux où il souffrait.

Elle aussi avait dû beaucoup rêver à la retraite.

Tous les deux pensaient à Copacabana, et ce nom était devenu familier, et synonyme de bien-être.

Leur chemin ne les aura jamais conduits jusqu'à la baie de Rio, ils se seront contentés quelque temps de celle des Anges, qui, bien que belle, n'offre pas le même exotisme.


Un surfeur sortait de  l'eau en traînant sa planche derrière lui. Il quittait le jeu...

Bernard pensait à tous ces gens qui quittaient le jeu, au moment où tant d'autres cherchaient à y entrer.

Le cycle de l'existence l'avait toujours fasciné, et il était heureux de pouvoir y penser, solitaire dans ce site merveilleux, et ce curieux bonheur venait comme une accalmie après la tempête, comme un port après la haute mer.

 

André Obadia

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Published by ANDRE - ECRIT PERSONNEL, LITTERATURE

L’APPEL DE LA NUIT / ECRIT PERSONNEL / NOUVELLE

L’APPEL DE LA NUIT

 

 

Il était évident qu’à l’heure où il sortait, Félicien Lecoq ne risquait pas de rencontrer grand monde.

La nuit très avancée enveloppait la ville d’une atmosphère angoissante, qui avait atteint ce pauvre Félicien jusque dans son sommeil.

Il s’était réveillé en sursaut, dégoulinant de transpiration, ne sachant plus très bien où il se trouvait. Peu à peu, son regard s’était accoutumé à la pénombre, il s’était habillé dans le noir, puis, après avoir refermé la porte derrière lui, il s’était élancé dans la nuit au hasard des petites ruelles de son quartier.

Il savait que là bas, quelque part, dans la ville nouvelle, quelqu’un l’attendait, le guettait, et il ne voulait pas manquer ce rendez-vous angoissant.

Le  moindre bruit le faisait tressaillir, il se retournait, cherchait à discerner une forme dans les ténèbres, mais rien, aucune ombre ne se profilait sous les lueurs hésitantes des lampadaires.

A cet instant, Félicien regrettait d’être sorti, d’avoir abandonné la réconfortante chaleur de son lit.

Pourtant, à ce moment de sa vie, il n’avait pas pu résister à cette force inconnue qui l’avait comme aspiré hors de chez lui, le poussant vers une rencontre improbable dont il n’avait pas encore vraiment pris conscience.

De nouveau, Félicien Lecoq sentit perler des gouttes de sueur sur son front plissé.

Il n’osait plus avancer, paralysé par un obscur pressentiment…

Il repensa alors à son réveil, au cri qu’il avait cru entendre, à cet appel fugitif, cette voix en détresse…

Un être, là-bas, il ne savait pas où, l’avait appelé au secours…

Il chercha à rassembler ce qui restait de son courage, et il courut, courut…

Il fallait faire vite, très vite…

C’était ce soir ou jamais !

Le bruit de sa course résonnait sur le pavé, et chaque fois que son pied s’écrasait sur la chaussée, la secousse provoquait comme un éclair dans son esprit.

Des images familières lui revenaient, une à une…

Il revit tout d’abord le petit village de son enfance, puis Monsieur De Forestire, le vieil instituteur qui répétait sans cesse que Félicien Lecoq ne ferait jamais rien de ses dix doigts…

Il entrevit Madeleine, la fille du Maire qui ne répondait jamais à son bonjour timide…

Et le bruit de sa course faisait revivre en lui le fracas de l’usine où son père partait chaque matin…

L’usine où il passait quelquefois regarder les hommes travailler dans un vacarme horrible. Cela l’avait déterminé à ne jamais remettre les pieds dans cet enfer. Il préférait gagner moins d’argent, mais ne pas se salir les mains et se détruire l’âme…

Bien sûr, il ne représentait pas grand-chose dans son emploi obscur de gratte-papier chez Monsieur Fernian, mais au moins, il était tranquille…

Pourtant, ce soir, sa quiétude semblait l’avoir abandonné, et de nouveau il se laissait entraîner par ses angoisses, par sa haine du monde et des gens, par sa peur aussi…

Soudain, à quelques mètres devant lui, il distingua un homme qui marchait paisiblement…

Félicien sentit ses mains se crisper…Il chercha dans sa poche le rasoir qu’il avait pris dans la salle de bain avant de sortir…

Il cessa de courir à quelques pas de l’inconnu…

Celui-ci se retourna, dévoilant un visage assez jeune à Lecoq, qui déjà ne le voyait plus distinctement…

Il le saisit par la manche de son manteau et le poussa contre le mur.

L’inconnu laissa échapper un petit cri aigu dans la nuit !

Félicien avait sorti le rasoir, et d’une voix autoritaire qu’il ne se connaissait pas, il ordonna :Coupe-chou-rasoir-rasage-cosmetique-hommes-produit-beaute-4.jpg

-       Restez tranquille bon Dieu ! Je ne vous veux pas de mal. Laissez-moi seulement vous couper les cheveux !

En effet, Félicien Lecoq avait toujours rêvé d’être coiffeur, et pour la première fois, ce soir, enfin, il avait trouvé le courage…

 

André Obadia

Mars 2011

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Published by ANDRE - ECRIT PERSONNEL, LITTERATURE

J'adorais sans conteste, les visites du grand cousin Roland, qui arrivait souvent vers les cinq heures du soir, et avec lequel j'aimais jouer au cow-boy, ou au ping pong dans le jardin.


Le seul problème, c'est qu'il fallait toujours finir les devoirs avant d'aller jouer!


Je n'ai jamais compris cette obstination des parents à toujours vouloir empêcher le monde de tourner en rond, et tout particulièrement le mien, qui n'était rempli que d'un goût infini pour la paresse et pour l'oisiveté...


Quelquefois même, le cousin Roland s'y mettait, et il riait des fautes que je faisais dans ma hâte d'en finir avec les devoirs de classe...


Ma sympathie pour lui se transformait dans ces moments là, en une haine sourde, que seule la vue du jardin parvenait à calmer.


Parfois, nous jouions aux petits soldats, et nos armes de guerre, étaient des fusils à air comprimé, les projectiles venant du jardin.

J'ai encore en moi, l'odeur des tiges de géraniums qui nous servaient à toucher les victimes, et qui laissaient un mince filet de sève sur le plastique de nos combattants, permettant ainsi de faire un diagnostic sur la gravité des blessures...


Mais ces petits soldats ne m'ont pas toujours laissé de bons souvenirs!


Mon voisin, m'avait demandé de lui prêter mon régiment de légionnaires, fort d'une vingtaine de personnages. Il devait en effet se rendre chez un de ses amis très riche du centre ville, pour une bataille gigantesque, dont je ne pouvais que rêver!


Je confiais donc mes "hommes", ils me représenteraient...


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Je dus attendre plusieurs jours, avant qu'on me ramène ma troupe, et quelle ne fût pas mon horreur de constater qu'elle tenait toute entière dans un petit mouchoir...

En effet, avec beaucoup de sérieux, le petit voisin m'expliqua que mon régiment, après avoir été fait prisonnier, avait été condamné à la décapitation, et donc il ne me restait plus que les têtes...


Je n'étais pas très futé, et j'avais encore moins d'humour...

Ma colère éclata, et ma soeur aînée eut beaucoup de mal à retenir le fusil à air comprimé que je voulais casser sur le dos de ce cher voisin...


Le calme une fois revenu, il m'expliqua qu'il s'agissait d'une blague, et que mes soldats étaient toujours en bon état...


Je ne sais pas si c'est de ce temps là que me vint mon amour des soldats de plomb, dont je fis collection toute ma vie, et que j'espère, mes fils se partageront...

 

André Obadia

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Published by ANDRE - ECRIT PERSONNEL, COLLECTIONS

                                            

 

          

Depuis déjà trois ans, ma vie n'a connu d'autre horizon que la rue Fènelon, le boulevard Ferry et la place Saint Augustin.

La rue Fènelon, où je possède un appartement, est une rue mal famée, dont les rigoles jettent à vos narines des odeurs intolérables, et que vous subissez jusque dans votre salon.

Mon gîte était en effet constitué d'un salon, ou du moins, d'une pièce que je vouais à cette renommée, et qui servait de lieu de rendez-vous à tous les intellectuels dégénérés de mon quartier.

Le salon était d'ailleurs l'unique pièce au mobilier rongé d'humidité.

C'est dans ce salon repoussant que j'ai connu le monde, les hommes et leur destin.

Mon meilleur ami, un homme d'environ quatre vingts ans, ne portait son dentier que dans les grandes occasions, en l'occurrence, les jours de discussions philosophiques où nous écorchions le peu qui subsistait de notre piètre raison.

Oui, bien souvent, nous laissions mourir les heures à bavarder, et lorsque l'atmosphère devenait insupportable, nous nous saoulions, pour oublier.

J'avais besoin de m'oublier, d'oublier le boulevard Ferry où je voyais chaque matin passer la femme de ma vie qui ne me remarquait pas, et cette place Saint Augustin, où, dans la boutique poussiéreuse du père Lamolette, je jouais le rôle intolérable de garçon de course.

Garçon de course à quarante huit ans, ç'avait été la consécration de ma vie, ma plus belle promotion.

Pensez-donc, devenir garçon de course au lieu de rester laveur de vitres!

Pourtant je suis intelligent, et de cela je suis certain depuis mon plus jeune âge!

Mon entourage prétend toujours que mon esprit connaît la vivacité de la foudre et la violence du tonnerre!

J'aurais pu être un type extraordinaire affirme mon ami lorsqu'il m'entend parler, il faut dire que je parle très bien!

Je crois en effet que je suis homme à soulever des foules, et parfois, j'éprouve le désir de mettre mes dons à l'épreuve, mais trop certain de mon triomphe, je préfère renoncer.

Renoncer, c'est ce que j'ai le mieux su faire dans mon existence. Il n'y a rien que j'ai entrepris et mené à bien jusqu'au bout.

Je suis comme ça, rien ne me passionne.

Mon seul opium est l'amour que je porte à la pourriture de l'existence, un amour fou, parfois même passionné, et souvent insensé.

J'aime ma rue Fènelon, elle sent mauvais, toujours mauvais et c'est si bon!

Pourtant, un fait nouveau est venu bouleverser ma vie, détruire mes espérances.

Que vais-je devenir à présent que le père Lamolette est mort?

Il est mort d'une drôle de manière!

C'est arrivé ce matin, à l'instant où je lui ai serré la main.

Il m'a souri et cela m'a déplu.

J'ai horreur qu'on me sourit, j'ai horreur que l'on m'aime.

Je n'admets pas qu'on puisse aimer une ordure, et je suis une ordure puisque j'aime les ordures.

Alors, quand il m'a souri, le sang m'est monté à la tête et je l'ai frappé, frappé, comme un sourd qui n'entend pas les cris de sa victime, j'ai frappé jusqu'à ce que mes mains soient maculées de sang.

Puis j'ai pleuré, mais c'était pour rire, parce que je n'avais pas de peine, au contraire, j'étais bien content d'avoir fait quelque chose.

Je suis sorti de la boutique en courant, je tenais à la main un plein bol de son sang, la femme de ma vie s'est retournée sur mon passage mais elle n'a pas souri, je crois qu'elle m'a compris. Mais ce que je n'ai pas saisi, c'est pourquoi elle a appelé un agent.

A l'asile, tout le monde est très gentil avec moi...

 

A.Obadia


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Published by ANDRE - ECRIT PERSONNEL

Les cloches et les sirènes

 

 

Ce matin-là, lorsque j’ouvris les yeux, je ressentis au fond de moi un immense chagrin. Les regrets de ma vie, chaque jour accumulés me revenaient en foule à la mémoire.

Un regret surtout résonnait dans ma tête, un regret insensé et pourtant terriblement ressenti…

Pourquoi, pour affronter cette existence avais-je gardé tous mes esprits ?

Je me mis à envier les « irresponsables » déchargés de tous soucis, protégés même, quelquefois.

La raison s’attriste à chercher des raisons.

Pourtant, ce matin-là, ce n’était plus pareil.

Mes immenses problèmes de la veille apparaissaient enfin futiles et sans fondements.

Tout à coup je ne savais plus raisonner. C’est-à-dire que je ne savais plus compter, prévoir, organiser…

Alors tout se bouscula en moi, autour de moi.

Les meubles n’étaient plus des meubles, le matin n’était plus le matin, le petit déjeuner n’était même pas servi, les cloches de la cathédrale ne sonnaient plus huit heures, mais jouaient une douce musique lancinante, bien ancrée au fond de moi.

Les cloches, ah les cloches…

Les oiseaux sur la fenêtre…un nuage de fumée poétique laissait tomber sur la ville des poussières radioactives…

Les ouvriers en retard chantaient de joie dans les embouteillages monstres…

Un petit policier ne savait plus que faire, assourdi par les cloches…les cloches…

Les sirènes des pompiers…les grandes flammes de la société…une maison qui brûle…un enfant qui pleure…

La ville martyrisée…

Et ma raison…mes raisons d’exister…l’argent…la société…mes illusions…ma volonté déplacée…mes excuses et surtout mes regrets…et les cloches de ma tête toujours m’assourdissaient…

De l’immense brasier une lumière sauvage venait me réchauffer…des perles de sueur sur mon visage s’égouttaient…au creux de mes lèvres disparaissaient…

Et tes baisers…et notre amour plus fort que les regrets, au milieu du brasier s’est encore répété…

Nos corps se sont confondus, mélangés, nos corps ont répondu à notre éternité…

Et puis tout a disparu, le monde, l’argent, la société, la sirène des pompiers, les cloches et les regrets.

 

André Obadia

Flammes-dansantes.JPG

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Published by ANDRE - ECRIT PERSONNEL

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BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

"un retraité qui prend le temps d'écouter et d'analyser tout ce qui fait notre quotidien... qui prend aussi le temps d'écrire... qui adore chiner... et qui adore les gravures anciennes... Un retraité qui aime vous transmettre ce qu'il aime, au hasard de ses souvenirs et de ses découvertes. "

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