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BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

un retraité qui prend le temps d'écouter et d'analyser tout ce qui fait notre quotidien... qui prend aussi le temps d'écrire... qui adore chiner... et qui adore les gravures anciennes... Un retraité qui aime vous transmettre ce qu'il aime, au hasard de ses souvenirs et de ses découvertes.

Publié le par André Obadia

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Publié le par ANDRE
Publié dans : #LOISIRS, #LITTERATURE
JULES BARBEY D'AUREVILLY / LITTERATURE / ECRIVAIN DIABOLIQUE
Barbey d’Aurevilly (1808-1889) est un des plus brillants polémistes et un des grands romanciers du XIXe siècle. Il est notamment l’auteur d’Une vieille maîtresse (1851), de L’ensorcelée (1854), du Chevalier Des Touches (1864) et des Diaboliques (1874).
 
Vous trouverez ci-dessous un extrait de  "Un amour de jeunesse", inspiré par "Le rideau cramoisi" , puis une extrait audio de "Le bonheur dans le crime".
Issu d’une famille anoblie en 1756, Barbey d’Aurevilly, né à Saint-Sauveur-le-Vicomte dans un milieu très royaliste, baigna dès l’enfance dans les récits relatifs à la chouannerie, que le futur écrivain allait transcrire dans ses œuvres. Bien que contemporain de Musset ou Nerval, Barbey ne participa pas au combat romantique, de tendance libérale, et commença assez tardivement une œuvre indépendante, en publiant d’abord Une vieille maîtresse (1851), puis L’Ensorcelée (1854). Ces romans, emplis de visions aussi sataniques que divines – Barbey cultiva toujours l’ambiguïté –, furent les premiers à nourrir une sorte de cycle normand sur la chouannerie, marqué par des chefs-d’œuvre comme Le Chevalier des Touches (1864) ou Une histoire sans nom (1882). En effet, comme Erckmann et Chatrian pour l’Alsace, Barbey ouvrit aussi la voie de la littérature régionale, que suivirent au XXe siècle Giono et Pagnol pour la Provence, Van der Meersch pour les Flandres, etc. Mais Barbey dépasse largement ce seul clivage de classification littéraire. Cherchant toujours l’envers des choses, un peu à la manière de Dostoïevski, mais un envers identifié chez lui à l’au-delà chrétien, très réactionnaire, celui que l’on surnommait le « Connétable des Lettres » fut un dandy égaré dans son siècle. En rupture avec son époque, il annonçait surtout la littérature fin de siècle, décadente et symboliste (Les Diaboliques, recueil de nouvelles, 1874). Une fois reconnu à la fin de sa vie, il fut adulé par de jeunes écrivains comme Paul Bourget, Léon Bloy et surtout Huysmans, dont il annonce le parcours religieux. C’est toute une lignée spirituelle que Barbey guida ainsi vers le renouveau des traditions royalistes, au moment où allait naître en France l’Action française de Maurras et où allait s’épanouir un retour à la religion chez Péguy et Claudel. - See more at: http://www.histoire-image.org/site/oeuvre/analyse.php?i=461#sthash.pNPG1Sev.dpufIssu d’une famille anoblie en 1756, Barbey d’Aurevilly, né à Saint-Sauveur-le-Vicomte dans un milieu très royaliste, baigna dès l’enfance dans les récits relatifs à la chouannerie, que le futur écrivain allait transcrire dans ses œuvres. Bien que contemporain de Musset ou Nerval, Barbey ne participa pas au combat romantique, de tendance libérale, et commença assez tardivement une œuvre indépendante, en publiant d’abord Une vieille maîtresse (1851), puis L’Ensorcelée (1854). Ces romans, emplis de visions aussi sataniques que divines – Barbey cultiva toujours l’ambiguïté –, furent les premiers à nourrir une sorte de cycle normand sur la chouannerie, marqué par des chefs-d’œuvre comme Le Chevalier des Touches (1864) ou Une histoire sans nom (1882). En effet, comme Erckmann et Chatrian pour l’Alsace, Barbey ouvrit aussi la voie de la littérature régionale, que suivirent au XXe siècle Giono et Pagnol pour la Provence, Van der Meersch pour les Flandres, etc. Mais Barbey dépasse largement ce seul clivage de classification littéraire. Cherchant toujours l’envers des choses, un peu à la manière de Dostoïevski, mais un envers identifié chez lui à l’au-delà chrétien, très réactionnaire, celui que l’on surnommait le « Connétable des Lettres » fut un dandy égaré dans son siècle. En rupture avec son époque, il annonçait surtout la littérature fin de siècle, décadente et symboliste (Les Diaboliques, recueil de nouvelles, 1874). Une fois reconnu à la fin de sa vie, il fut adulé par de jeunes écrivains comme Paul Bourget, Léon Bloy et surtout Huysmans, dont il annonce le parcours religieux. C’est toute une lignée spirituelle que Barbey guida ainsi vers le renouveau des traditions royalistes, au moment où allait naître en France l’Action française de Maurras et où allait s’épanouir un retour à la religion chez Péguy et Claudel. - See more at: http://www.histoire-image.org/site/oeuvre/analyse.php?i=461#sthash.pNPG1Sev.dpufJules Amédée Barbey d'Aurevilly (1808-1889)Jules Amédée Barbey d'Aurevilly (1808-1889)
Polémiste solitaire, calotin anxieux, anglophile hyperactif... Barbey d'Aurevilly, l'auteur des scabreux "Diaboliques", était surtout un génie du conte.

Né un jour des Morts - il y a deux cents ans, le 2 novembre 1808 -, Jules Amédée Barbey d'Aurevilly voyait dans cette coïncidence paradoxale un sinistre présage : « J'ai toujours cru que cette date répandrait une funeste influence sur ma vie et sur ma pensée. » L'avenir ne devait pas détromper le très individualiste et très pessimiste auteur des Diaboliques : en témoigne, jusqu'à sa mort, en 1889, son existence laborieuse, à l'écart des cénacles en vue et des consécrations officielles - « les groupes littéraires ne me tentent pas, je ne suis ni au-dessus ni au-dessous, je suis à côté ».


Longtemps fiancé à une inaccessible bien-aimée - son « Ange blanc », la baronne Louise de Bouglon -, brouil­lé, à l'exception de Baudelaire, avec tout ce que la littérature de son temps compte de grands noms (Hugo, Flau­bert, Sainte-Beuve, Zola), l'écrivain normand traverse son siècle en mage solitaire et célibataire : « Je travaille beaucoup, je suis un stylite, un fakir de solitude. » Solitude où l'oisiveté n'a nulle place : comme l'attestent les innombrables articles repris dans son grand Œuvre critique (1), Barbey d'Aurevilly épluche et commente avidement tout ce qui paraît - de Taine à Fustel de Coulanges, de Michelet au comte de Gobineau.

« Qu'y a-t-il de plus bête que les royalistes,
si ce n'est les catholiques ? »

ironise le dandy monarchiste


Cette vaste curiosité, ce savoir étendu l'autorisent à quelque hauteur. Sanglé dans une redingote à gros brandebourgs, le menton pointé par-dessus un jabot de lavallières et ses longues bacchantes incurvées accusant une lippe de mépris, le « connétable des lettres » pose avec complaisance au contempteur de son époque et de ses pairs. « Qu'y a-t-il de plus bête que les royalistes, si ce n'est les catholiques ? » ironise ce dandy monarchiste, calotin ultramontain. Le credo antidémocratique du réactionnaire Joseph de Maistre a détourné de ses idéaux républicains le jeune nobliau qui, dès 1827, quitte son Cotentin natal pour Paris, puis pour des études de droit à Caen.


Quant aux rêves de gloire militaire, Barbey d'Aurevilly s'en est défait dans l'un de ses premiers romans, Le Chevalier Des Touches, sur la chouannerie vendéenne, où transparaît l'influence de deux des maîtres qu'il revendique : Balzac et Walter Scott. Plus qu'un écrivain normand, celui qui se surnomme Lord Anxious, tant il est rongé d'inquiétude maladive, est en fait un Anglo-Normand fervent. Ses idoles s'appellent Shakespeare, Byron et Brummell, à qui Barbey consacre un essai admiratif, Du dandysme et de George Brummell. Ce goût pour le flegme altier du dandy, pour la recherche et la singularité de ses atours (gants blancs, gilets rouges), n'empêche pas Barbey « d'or vieilli » - comme le brocardent ses ennemis - de se proclamer « un casse-cou armé d'un casse-tête ». Casse-cou : l'est assurément le polémiste qui, par la vachardise de ses attaques dans Le Figaro ou Le Gaulois, se met à dos La Revue des Deux Mondes, qui lui intente un procès, qu'il perd. Casse-cou encore, le conteur scabreux qui, en 1874, à la publication de son plus célèbre recueil, Les Diabo­liques, n'évite que de justesse le tribunal pour immoralité.

« Le mot dia­bolique ou divin, appliqué à l'inten­sité
des jouissances, exprime la même chose. »


Distillant un suspense ensorcelant à la Hitchcock, ces six nouvelles, relatant de sulfureuses conversations de salon ou de boudoir, s'attaquent à un pur « casse-tête » littéraire : restituer par l'écriture l'effet oral de « la voix, ce ciseau d'or avec lequel nous sculptons nos pensées dans l'âme de ceux qui nous écoutent et y gravons la séduction ». Barbey réussit cette gageure, comme il parvient, par un judicieux va-et-vient entre dialogue et monologue, par un enchâssement savamment ourdi de préambules, d'apartés et autres digressions, à restituer le jaillissement et la mobilité de « la conversation générale, cette partie de volant où chacun allonge son coup de raquette ».


Pour insister sur les rebonds et les relances du discours de ses narrateurs - le vicomte de Brassard dans Le Rideau cramoisi, le comte de Ravila dans Le Plus Bel Amour de Don Juan, le Dr Torty dans Le Bonheur dans le crime -, Barbey d'Aurevilly prévoyait d'intituler ses Diaboliques : « Ricochets de conversation ». Ricochets, et même remous ! Car l'iconoclaste auteur d'Un prêtre marié lance de lourds pavés dans la mare : « L'enfer, c'est le ciel en creux. Le mot dia­bolique ou divin, appliqué à l'inten­sité des jouissances, exprime la même chose, c'est-à-dire des sensations qui vont jusqu'au surnaturel. » Fortement teintées d'érotisme et de voyeurisme, ces nouvelles fantastiques dé­bouchent sur de ténébreux secrets d'adultère et de mort, de transgression et d'empoisonnement - secrets surpris, révélés ou confessés par effraction progressive, d'embrasure de fenêtre en encoignure de porte : « Je me figure que l'enfer, vu par un soupirail, devrait être plus effrayant que si, d'un seul et planant regard, on pouvait l'embrasser tout entier » (Le Dessous de cartes d'une partie de whist). Cette plongée satanique dans le passé enfoui des consciences et des mémoires fascinait Marcel Proust, l'un des premiers, au XXe siècle, à avoir salué l'oeuvre romanesque du Normand. Mais le style même de Barbey avait de quoi séduire l'auteur d'A la recherche du temps perdu, par l'accumulation rythmée et suggestive d'adjectifs, comme dans cette phrase emblématique du Plus Bel Amour de Don Juan : « Lui, il eut, ce soir-là, la volupté repue, souveraine, nonchalante, dégustatrice du confesseur de nonnes et du sultan. »


En rendant justice, aujourd'hui, au génie de conteur de Barbey d'Aurevilly - à la stratégie retorse de ses récits comme à la tortueuse morbidité des âmes qu'il sonde -, il faut aussi imaginer l'homme moins malheureux qu'il ne s'est plaint de l'être. Celui qui a si bien évoqué, dans ses Diaboliques, « le bonheur dans le crime » a peut-être savouré, in petto, cette jouissance perverse et clandestine débusquée dans Le Dessous de cartes d'une partie de whist : « le bonheur de l'imposture ». « Il y a une effroyable mais enivrante félicité dans l'idée qu'on ment et qu'on trompe, dans la pensée qu'on se sait seul soi-même et qu'on joue à la société une comédie dont elle est la dupe, et dont on se rembourse les frais de mise en scène par toutes les voluptés du mépris. »

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LE VENTRE DE MA MERE / POESIE / BLAISE CENDRARS
BLAISE CENDRARS
LE VENTRE DE MA MÈRE

C’est mon premier domicile 
Il était tout arrondi 
Bien souvent je m’imagine 
Ce que je pouvais bien être... 

Les pieds sur ton cœur maman
Les genoux tout contre ton foie
Les mains crispées au canal
Qui aboutissait à ton ventre
Le dos tordu en spirale
Les oreilles pleines les yeux vides
Tout recroquevillé tendu
La tête presque hors de ton corps
Mon crâne à ton orifice
Je jouis de ta santé
De la chaleur de ton sang
Des étreintes de papa
Bien souvent un feu hybride
Electrisait mes ténèbres
Un choc au crâne me détendait
Et je ruais sur ton cœur
Le grand muscle de ton vagin
Se resserrait alors durement
Je me laissais douloureusement faire
Et tu m’inondais de ton sang
Mon front est encore bosselé
De ces bourrades de mon père
Pourquoi faut-il se laisser faire
Ainsi à moitié étranglé ?
Si j’avais pu ouvrir la bouche
Je t’aurais mordu
Si j’avais pu déjà parler
J’aurais dit :
Merde, je ne veux pas vivre. 

 

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Publié dans : #POESIE, #LITTERATURE, #CHANSON-MUSIQUE

Jacques Prévert est né le 4 février 1900 et est mort le 11 avril 1977. Il a eu beaucoup de mal à se faire reconnaître des critiques car on lui reprochait la trop grande simplicité de sa poésie.
     A présent, il est considéré comme un des plus grands poètes du XXème siècle et il est publié dans la collection de La Pléiade, synonyme de consécration et d’honneur pour un écrivain.
     La poésie Barbara est extraite de Paroles, paru en 1946.
     C’est un texte de circonstances qui se réfère aux 165 bombardements de la ville de Brest entre le 19 juin 1940 et le 18 septembre 1944. La destruction complète de la ville inspire une réflexion pessimiste sur l’amour et la vie.

BARBARA / JACQUES PREVERT / POESIE / SERGE REGGIANI

Barbara

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
É panouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t'ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N'oublie pas
Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j'aime
Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abimé
C'est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n'est même plus l'orage
De fer d'acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l'eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.

Jacques Prévert, Paroles

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Victor HUGO   (1802-1885)

 

La conscience

Lorsque avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes,
Echevelé, livide au milieu des tempêtes,
Caïn se fut enfui de devant Jéhovah,
Comme le soir tombait, l'homme sombre arriva
Au bas d'une montagne en une grande plaine ;
Sa femme fatiguée et ses fils hors d'haleine
Lui dirent : « Couchons-nous sur la terre, et dormons. »
Caïn, ne dormant pas, songeait au pied des monts.
Ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres,
Il vit un oeil, tout grand ouvert dans les ténèbres,
Et qui le regardait dans l'ombre fixement.
« Je suis trop près », dit-il avec un tremblement.
Il réveilla ses fils dormant, sa femme lasse,
Et se remit à fuir sinistre dans l'espace.
Il marcha trente jours, il marcha trente nuits.
Il allait, muet, pâle et frémissant aux bruits,
Furtif, sans regarder derrière lui, sans trêve,
Sans repos, sans sommeil; il atteignit la grève
Des mers dans le pays qui fut depuis Assur.
« Arrêtons-nous, dit-il, car cet asile est sûr.
Restons-y. Nous avons du monde atteint les bornes. »
Et, comme il s'asseyait, il vit dans les cieux mornes
L'oeil à la même place au fond de l'horizon.
Alors il tressaillit en proie au noir frisson.
« Cachez-moi ! » cria-t-il; et, le doigt sur la bouche,
Tous ses fils regardaient trembler l'aïeul farouche.
Caïn dit à Jabel, père de ceux qui vont
Sous des tentes de poil dans le désert profond :
« Etends de ce côté la toile de la tente. »
Et l'on développa la muraille flottante ;
Et, quand on l'eut fixée avec des poids de plomb :
« Vous ne voyez plus rien ? » dit Tsilla, l'enfant blond,
La fille de ses Fils, douce comme l'aurore ;
Et Caïn répondit : « je vois cet oeil encore ! »
Jubal, père de ceux qui passent dans les bourgs
Soufflant dans des clairons et frappant des tambours,
Cria : « je saurai bien construire une barrière. »
Il fit un mur de bronze et mit Caïn derrière.
Et Caïn dit « Cet oeil me regarde toujours! »
Hénoch dit : « Il faut faire une enceinte de tours
Si terrible, que rien ne puisse approcher d'elle.
Bâtissons une ville avec sa citadelle,
Bâtissons une ville, et nous la fermerons. »
Alors Tubalcaïn, père des forgerons,
Construisit une ville énorme et surhumaine.
Pendant qu'il travaillait, ses frères, dans la plaine,
Chassaient les fils d'Enos et les enfants de Seth ;
Et l'on crevait les yeux à quiconque passait ;
Et, le soir, on lançait des flèches aux étoiles.
Le granit remplaça la tente aux murs de toiles,
On lia chaque bloc avec des noeuds de fer,
Et la ville semblait une ville d'enfer ;
L'ombre des tours faisait la nuit dans les campagnes ;
Ils donnèrent aux murs l'épaisseur des montagnes ;
Sur la porte on grava : « Défense à Dieu d'entrer. »
Quand ils eurent fini de clore et de murer,
On mit l'aïeul au centre en une tour de pierre ;
Et lui restait lugubre et hagard. « Ô mon père !
L'oeil a-t-il disparu ? » dit en tremblant Tsilla.
Et Caïn répondit : " Non, il est toujours là. »
Alors il dit: « je veux habiter sous la terre
Comme dans son sépulcre un homme solitaire ;
Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. »
On fit donc une fosse, et Caïn dit « C'est bien ! »
Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.
Quand il se fut assis sur sa chaise dans l'ombre
Et qu'on eut sur son front fermé le souterrain,
L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn.

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François Van Den Berghe / sculpteur / arts plastiques

Van Den Berghe ou encore quelquefois Vandenberghe dont le nom civil est François Vandenberghe, est né en 1951 dans une petite ville d’Eure et Loir en France. Très influencé par un très long séjour de 27 ans au Gabon, il y connaîtra la gloire sportive, en remportant plusieurs titres de champion, tant en moto qu’en automobile. Il sera aussi le créateur et le chef d’expédition du fameux Challenge de l’Equateur, élu évènement de l’année en 1986.


C’est vers cette époque qu’il rencontrera vraiment les éléphants. van den berghe retourne ensuite dans son pays d’origine et se consacre exclusivement à l’art plastique depuis 1995. Les éléphants demeurent le sujet favori de l’artiste, qui les met en scène dans des allégories qu’il masque derrière une troublante apparence de réalité.


"L'homme fait du bruit mais sa terre parle ! ". Cette citation d'un ami du sculpteur résume assez bien la personnalité de cet artiste qui réussit à délivrer un message, sans cesse renouvelé, sur le thème des Eléphants.


Mais le considérer comme un sculpteur animalier constitue une méprise, que la susceptibilité de notre homme ne passe pas sous silence ! Pour ceux qui ont le privilège de fréquenter son atelier, il faut convenir que ce créatif-intuitionniste fait toujours preuve d'une grande introspection, fouillant les postures sans tomber dans la caricature et détruisant les oeuvres qui ne lui conviennent pas. Certes sa manière de traiter la gent animale, dans la sophistication de son réalisme, époustoufle. Mais il convient, une fois dépassé le stade de l'observation, de privilégier une richesse d'élocution qui fait preuve de grandeur d'âme. La force narrative de chaque pièce rend hommage à " LA COMEDIE HUMAINE " de BALZAC en favorisant une expression qui endort la méfiance.


Mais le titre, synopsis de l'oeuvre, qui illustre avec respect la citation de Balzac, est manifestement l'une des premières clefs d'un témoignage d'une capitale importance. Ainsi Van Den Berghe réussit à mettre en exergue des similitudes et des problèmes que les proboscidiens partages avec les hommes.
A commencer par leur droit d'exister ! Et, poussé par l'esprit d'insubordination de cet artiste, il devient facile de passer de l'autre coté du miroir des apparences pour découvrir un monde d'agitation et d'effervescence qui laisse apparaître des troubles nés de l'appréhension ou de l'émotion sensuelle.


Don Quichotte des temps modernes à la noblesse parfois grandiloquente, cet artiste qui connaît un succès fulgurant préfère se remettre en danger plutôt que de se laisser aller à une routine confortable. Et ses éléphants, incroyables de légèreté, abordent des questions aussi existentielles que la naissance et la mort, l'amour et la dépendance, le charme et l'égocentrisme.

Thierry SZNYTKA

François Van Den Berghe / sculpteur / arts plastiquesFrançois Van Den Berghe / sculpteur / arts plastiquesFrançois Van Den Berghe / sculpteur / arts plastiquesFrançois Van Den Berghe / sculpteur / arts plastiquesFrançois Van Den Berghe / sculpteur / arts plastiquesFrançois Van Den Berghe / sculpteur / arts plastiques

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