"Les mots indépendance, affranchissement, progrès, orgueil populaire, fierté nationale, grandeur française, on ne peut plus les prononcer en France.
Chut ! ces mots-là font trop de bruit ; marchons sur la pointe du pied et parlons bas. Nous sommes dans la chambre d’un malade.
Et la liberté de la presse ! Qu’en dire ? N’est-il pas dérisoire seulement de prononcer ce mot ? Cette presse libre, honneur de l’esprit
français, clarté de tous les points à la fois sur toutes les questions, éveil perpétuel de la nation, où est-elle ?
- Qu’est-ce que c’est que cet homme ?
- C’est le chef, c’est le maître. Tout le monde lui obéit.
- Ah ! tout le monde le respecte alors ?
- Non, tout le monde le méprise.
- O situation ! Cet homme de ruse, cet homme de force, cet homme de mensonge, cet homme de succès, cet homme de malheur !"
Ces mots ne sont pas de moi, mais de Victor Hugo dans son pamphlet contre Louis Napoléon Bonaparte, Napoléon III, "Napoléon le petit", chez Actes
Sud.
"L’homme une fois déshabillé du succès, le piédestal ôté, la poussière tombée, le clinquant et l’oripeau et le grand sabre détachés, le pauvre petit
squelette mis à nu et grelottant, peut-on s’imaginer rien de plus chétif et de plus piteux ?"
"Que peut-il ? Tout.
Qu’a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance,
en huit mois un homme de génie
eût changé la face de la France,
de l’Europe peut-être.
Seulement voilà, il a pris la France et n’en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le Président se démène :
il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ;
ne pouvant créer, il décrète ;
il cherche à donner le change sur sa nullité ;
c’est le mouvement perpétuel ;
mais, hélas ! Cette roue tourne à vide.
L’homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère
est un carriériste avantageux.
Il aime la gloriole, les paillettes,
les grands mots, ce qui sonne,
ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir.
Il a pour lui l’argent, l’agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort.
Il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse.
Quand on mesure l’homme
et qu’on le trouve si petit
et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve énorme,
il est impossible que l’esprit
n’éprouve pas quelque surprise.
On y ajoutera le cynisme
car, la France, il la foule aux pieds,
lui rit au nez, la brave, la nie, l’insulte et la bafoue !
Triste spectacle que celui du galop, à travers l’absurde,
d’un homme médiocre échappé."
Victor HUGO,
« Napoléon, le petit »
Je me souviens d'un prof qui nous expliquait que l'histoire était faite de cycles qui se répétaient à travers le temps, et ce texte de Victor Hugo en
est un exemple saisissant.
En ce jour de rassemblement contre la réforme scélérate des retraites, il faut contenir sa rage ou sa peine, et avoir une pensée pour l'auteur qui paya de
20 ans d'éxil sa lucidité.
Espérons que la côte ridicule de notre Président le conduise rapidement vers l'exil, par exemple sur l'île de Madame Bettencourt...qu'il y aille et qu'il
arrête de casser notre pays et le siècle des conquêtes sociales qui étaient notre gloire.
La France avait retrouvé sa dignité
Les Roms n'étaient plus expulsés
Le peuple était respecté
Il n'y avait plus d'inégalités
Sarkozy s'en était allé...
Victor Hugo, soyez remercié....
Derniers Commentaires