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Zulma Carraud



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Zulma Carraud « l’un des trois cœurs » donnés à Honoré de Balzac par le ciel... L’un était madame de Berny, la Dilecta, les deux autres Zulma Carraud, et bien sûr madame Hanska, qu’il épousera peu avant de mourir.

    Zulma Carraud naquit à Issoudun, le 24 mars 1796. Elle était la plus jeune des 6 enfants de la famille Tourangin-Courant. Le père Rémi Tourangin, avait alors 45 ans. Il exerçait la profession de mercier-drapier, donc commerçant notable, connu surtout comme « patriote » et militant du mouvement révolutionnaire. Membre de la société des Jacobins, acquéreur de biens nationaux, on le retrouve sous l’Empire trésorier de la Loge maçonnique, les « Défenseurs de la Tour Blanche », et 1er adjoint au maire, c’était un original.

    Il avait acheté en 1803 la locature de Frapesle et mit tous ses soins à la transformer en un lieu de séjour agréable. Il la transformera si bien qu’on la nommera bientôt « le Tivoli ». Zulma avait à l’époque 7 ans, et pour elle cette maison se chargera de souvenirs d’enfance. C’est à elle, qu’elle devait revenir dans l’héritage paternel.

    Mise en pension on ne sait où, elle se lia d’amitié avec Laure Balzac, sœur de l’écrivain, qui avait 5 ans de moins qu’elle. Zulma était légèrement boiteuse, petite et pleine de vivacité. Elle se maria jeune, à 20 ans. Elle épousa donc en 1816, un cousin issu de germain qui avait 15 ans de plus qu’elle : le Capitaine François-Michel Carraud, qui naquit à Bourges en 1781, il était entré à l’École Polytechnique en 1798. Officier sous l’Empire, prisonnier des Anglais de 1806 à 1814, il reprit du service en 1817. Officier de mérite, il fut affecté à l’École Saint-Cyr en qualité d’instructeur.

    De 1818 à 1831, sous la Restauration, les Carraud habitèrent Saint-Cyr-l’École où prit naissance leur liaison avec Honoré de Balzac.

    Depuis 1821, le chef d’escadron était promu directeur des Études de l’École royale et militaire de Saint-Cyr. En 1826 Laure Balzac, devenue par son mariage Laure Surville vint habiter Versailles, son mari étant inspecteur des Ponts & Chaussées. Les maris, anciens Polytechniciens, les épouses amies de pension, se fréquentèrent beaucoup. Des relations suivies permirent de nombreuses rencontres notamment celles du père de Balzac et de Laure qui d’ailleurs mourut à Versailles en 1829.

    Après la révolution de 1830, le directeur des Études de Saint-Cyr, reçut une nomination d’inspecteur de la Poudrerie d’Angoulême, de 1831 à 1834. De cette époque date une correspondance entre Zulma Carraud et Honoré de Balzac, nombreuse et au ton fort chaleureux.
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    En 1834, Zulma Carraud revient en Berry, elle a 38 ans, Rémi Tourangin, vient de mourir et le commandant Carraud prend sa retraite, la famille s’installe donc à Frapesle.

    Zulma fut une amie fidèle en 1835, lors d’un séjour de Balzac à Frapesle, elle et Honoré de Balzac vinrent à Bourges, par la diligence, rendre visite à une sœur de Zulma Carraud madame de Lapparent, qui était alors très malade. Cette dernière Marie-Clémence Tourangin, avait épousé en 1806 le Sous-Préfet d’Issoudun : Emmanuel Cochon de Lapparent. Balzac en profita pour visiter Bourges, et la Cathédrale, dont la puissance l’impressionnait. De Frapesle il disait « le doux Frapesle », c’était dire s’il y trouvait une certaine sérénité...

    1850, Zulma pense à quitter Frapesle dont les charges sont devenues trop importantes, on vend la propriété, les Carraud vont donc s’installer près de Graçay, à Nohant, où réside le frère de Zulma, Silas Tourangin, officier en retraite et vieux garçon, qui va les abriter. À ce moment Balzac était en Ukraine, chez madame Hanska qu’il allait épouser (mars 1850), 5 mois avant de disparaître lui-même.

    Entre 1852 et 1868 Zulma Carraud fait de l’enseignement bénévole et rédige des lettres destinées aux enfants. Ses premières datent de 1849. S’étant retiré à Nohant-en-Graçay après des revers de fortune, elle écrit alors dans la solitude de son village à l’intention des petites filles de l’école voisine : La petite Jeanne ou le devoir. En dehors du livre de lecture de base, ces enfants ne disposaient d’aucun livre élémentaire comprenant des textes, leur permettant d’élever leurs pensées.
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    En 1852 Zulma Carraud a 56 ans, quelqu’un de ses amis, séduit par La petite Jeanne montra l’ouvrage à monsieur Hachette qui convoqua Zulma à Paris, lui donna des conseils et l’encouragea à poursuivre, elle publia donc plus tard Historiettes à l’usage des enfants, Maurice et le travail (1833), Lettres de famille (1854), Les métamorphoses d’une goutte d’eau (1863), plus tard La louve de Saint-Jean, Les Tondailles, étude sur le langage des gens de cette époque. La petite Jeanne sera couronnée par l’Académie Française.

    Retirée donc chez son frère Silas Tourangin, elle s’éteint le 24 avril 1889, entrant dans sa 94e année. Non puisqu’elle s’est retrouvée à Paris au foyer de ses petits-enfants.

    Zulma Carraud eut plusieurs enfants, on sait que son fils Yorick, Capitaine de chasseurs à pied fut tué en 1870 à Sedan, en opération, et que son fils aîné Ivan décède à son tour en 1881; il était inspecteur général des Eaux et Forêts et conseiller général du Cher.

    Son petit-fils Gaston obtiendra le Grand prix de Rome de musique, et l’un de ses arrières petits-fils Raymond, dit Philippe Hériat, en littérature, sera lauréat du prix Renaudot et du prix Goncourt.

    En 1935, Marcel Bouteron publiera sa correspondance avec Honoré de Balzac, soit de 1829 à 1850.

    C’est à Frapesle qu’Honoré de Balzac rédigea la Rabouilleuse, et César Birotteau, grâce à madame Carraud, en effet l’auteur d’Eugénie Grandet trouva plus d’une occasion d’enrichir son observation et sa mémoire de notations.

    Le commandant Carraud était mort en 1864. Au décès de son frère Silas à 84 ans en 1874, Zulma, seule dans la maison de Nohant continua d’y vivre, entourée de l’affection unanime, mais après la disparition de son fils aîné, madame Carraud, tout en gardant la demeure, vint achever sa vie à Paris, au foyer de ses petits-enfants. Elle fut enterrée dans le cimetière de Nohant-en-Graçay. Ainsi disparaissait celle que Balzac nomma « Carissima Zulma ».

    C’est par l’intermédiaire du fils de la descendante de madame Carraud, madame Georges Payelle petite-fille, l’écrivain Philippe Hériat (Raymond Gérard Payelle) que tous ces détails concernant la grande amie de Balzac sont connus."


Texte ci-dessus d'Odile Marcel.

 

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Le Commandant Carraud, Zulma
et leurs deux fils Yvan et Yorick

Téléchargez le texte complet de Thierry BODIN

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Published by ANDRE - LITTERATURE, CULTURE, LOISIRS, LECTURE

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BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

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"un retraité qui prend le temps d'écouter et d'analyser tout ce qui fait notre quotidien... qui prend aussi le temps d'écrire... qui adore chiner... et qui adore les gravures anciennes... Un retraité qui aime vous transmettre ce qu'il aime, au hasard de ses souvenirs et de ses découvertes. "

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