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Une aurore incertaine

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La forêt n’avait jamais été aussi épaisse, et j’avais beaucoup de mal à me frayer un chemin, car depuis longtemps je ne percevais rien qui aurait pu ressembler à un sentier. La rosée du matin rendait rafraichissant le contact avec les feuilles que je ne pouvais éviter. J’ignorais encore où allait me mener cette escapade matinale. Le soleil d’été ne devait pas souvent traverser cette flore abondante, mais le bois sur le sol était bien desséché, presque autant que mon âme. Par moments, je suspendais mon pas pour écouter le silence. Personne ne poussait les branches pour avancer, j’étais bien seul dans cette aurore, et je ne savais pas où j’allais déboucher. Pourtant, je sentais un besoin impérieux d’avancer, un peu comme on avance chaque jour vers son destin. J’avais depuis longtemps quitté les chemins tortueux de la jeunesse, et mes pas auraient dû me conduire sur la route sereine de la retraite. Pourtant, je traversais cette immense forêt, porté par le bonheur de ma liberté. Pourtant je me sentais fourbu, pliant sous le poids de mes pensées confuses. Le chemin de ma liberté semblait passer par tous ces arbres enchevêtrés, qui ressemblaient aux nœuds de mes pensées. La question revenait sans cesse, combien de temps pour sortir de là, combien de temps encore à vivre, même si la réponse ne me passionnait pas. Je préférais l’incertitude, l’ennui parfois, l’espoir toujours. On aimerait que le temps devienne éternel, pour nous porter de joies en joies, de peurs en peurs, d’aurore en crépuscule, de saison en saison. Il ne fallait pas que je renonce, une clairière forcément m’attendait. Vivement la lumière retrouvée, mon âme s’est apaisée.

 

André Obadia

Juillet 2011

Published by ANDRE - ECRIT PERSONNEL

commentaires

Michèle ISER 06/08/2011 18:41



j'ai lu "Léa" et j'ai lu votre article. On pourrait penser que vous êtes malade ou une personne que vous aimez. J'espère que ce n'est pas le cas.


Pour ce qui concerne Barbey d'Aurevilly, j'ai nettement préféré "les Diaboliques". Je suis très attirée par le XIXe siècle mais pas dans sa littérature languissante. Je préfère "le Père Goriot"
ou "la cousine Bette" au " Lys dans la Vallée". Néanmoins, ma chouchou reste Zénaïde Fleuriot. J'aime bien votre site, André !



ANDRE 07/08/2011 09:32



Bonjour Michele


je vous rassure, point de maladie, peut-être un peu de spleen, mais ce n'est pas celui de Baudelaire. Je ne connais pas Zénaïde Fleuriot. Il faudra que je découvre.


Merci de vos visites et des commentaires.


à bientôt


cordialement


André



Sidonie Laroche 28/07/2011 10:35



Une clairière? "forcément"? Hmmm! Quel optimisme! En tout cas, an narrateur, je la souhaite...



ANDRE 04/08/2011 18:35



Rien ne vaut l'été pour trouver quelque clairière.


Je vous souhaite une bonne journée ensoleillée



BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

"un retraité qui prend le temps d'écouter et d'analyser tout ce qui fait notre quotidien... qui prend aussi le temps d'écrire... qui adore chiner... et qui adore les gravures anciennes... Un retraité qui aime vous transmettre ce qu'il aime, au hasard de ses souvenirs et de ses découvertes. "

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