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Sarkose toujours

Publié le 30-11-11 à 18:03    Modifié le 03-12-11 à 11:03     par François Reynaert    

Il faut un capitaine, nous assènent les quartiers-maîtres à pompon du sarkozysme. Ce n'est plus un gouvernement, c'est une flotte.

L' atout principale du candidat président : le contexte économique, cette fameuse tempête qui exige un "capitaine au gouvernail"... La métaphore du moment (Sipa)
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En politique, ne pas se perdre dans de vaines batailles, savoir se concentrer sur un point simple et rationnel qui parle à tous et emportera le jugement. Songez à la tâche complexe qui nous attend pour conjurer le péril du moment : la possible réélection de M. Sarkozy à la présidence de la République. Les sondages disent le contraire ? Vous-même n'y croyez pas ? Allons ! Cet homme a eu le temps de prouver qu'il était le véritable Mickael Vendetta de la vie politique française. Personne n'y croit jamais, on le trouve tellement too much, tellement décalé, tellement kitsch qu'on ne se méfie pas, et bing, c'est un coup à le retrouver gagnant de la ferme célélysées 2012.


Son bilan est consternant, et après ?

Il ne manque ni d'atouts ni de savoir-faire. Son bilan est consternant, et après ? Ca ne l'inhibe guère. Songez au nouveau costume qu'il s'est fait tailler, moitié Churchill, moitié Antoine Pinay, celui de l'austérité budgétaire et des nécessaires-sacrifces-car-l'heure-est-grave. Dans l'absolu, c'est irréel. Entendre le type du Fouquet's, l'ami des Rolex et des Séguéla, le roi du bouclier fiscal, l'empereur du bling-bling et du financement Bettencourt chanter les vertus de la rigueur, ça paraît aussi surréaliste que d'imaginer M. Poutine siégeant à la Ligue des Droits de l'Homme ou M. Strauss-Kahn organisant des conférences-débats sur les joies de la continence. Seulement il le fait avec un tel culot qu'on en arrive à penser que les gens vont finir par le croire.


L'arme essentielle : les grosses ficelles

Après avoir claqué tout le reste, il peut encore dégainer l'arme essentielle pour mener campagne : les grosses ficelles. Il n'y a pas plus efficace pour paralyser un adversaire. Voyez ce que son gouvernement nous a sorti la semaine passée, en surfant, une fois de plus, sur l'émotion populaire consécutive à un fait divers épouvantable : la fameuse "loi définitive" censée régler leur sort aux criminels qui hantent nos contrées. Vous vous en êtes étranglés. Ce coup-là, cela fait à peu près douze fois que nous le ressert cet homme qui prétendait ne vouloir être jugé que sur "le résultat". Avec une énormité pareille, il ne s'agit pas de convaincre, mais d'assommer.

Face à une telle mauvaise foi, chacun reste sans voix. C'est le but. Dès lors que plus personne ne parle, ses ministres ont tout loisir d'occuper les journaux télévisés pendant trois jours.


Ce n'est plus un parti qui le soutient, c'est une flotte

Enfin, il y a l'atout principal du candidat président : le contexte économique, cette fameuse tempête que nous traversons, et qui exige "un capitaine au gouvernail". C'est la métaphore du moment, vous l'aurez remarqué, il ne se passe plus une semaine sans qu'un des quartiers-maîtres à pompon du sarkozysme nous la ressorte. Ce n'est plus un parti qui soutient cet homme, c'est une flotte. Là encore, on s'étouffe. Le gars a découvert la mer depuis le ponton du yacht de M. Bolloré. Sur les plans politique, économique, financier, sociétal, budgétaire, en bon inconstant pathologique, il a réussi, depuis cinq ans, à changer de cap à peu près tous les deux mois. On voudrait maintenant nous faire croire qu'il est le seul à savoir lire une boussole ?


Qui mettre à sa place, se demandent les gens ?

Seulement, qui mettre à sa place, se demandent les gens ? C'est le problème. Les rivaux sont peut-être très bien mais que pourront-ils faire dans l'état où est le bateau ? On le répète tout le temps : ce sont les marchés qui font la loi, les politiques ne peuvent plus rien. Alors pourquoi ne pas garder le même ? De toute façon, trois mois après l'élection, on en sera au même point. C'est là où il faut dès aujourd'hui frapper un gros coup en martelant cet argument simple : trois mois après l'élection peut-être, mais le soir même ? Evidemment ! C'est là où l'opposition doit asséner l'argument qui peut faire la différence. Avec elle, on ne réglera pas tout, mais on est sûr d'une chose : au moins on n'aura pas à se taper une deuxième fête de la Concorde, et on échappera à Christian Clavier, Johnny Hallyday, Didier Barbelivien et Mireille Mathieu en transe. Vu l'état de nos nerfs en ce moment, avouez-le, c'est déjà énorme.


François Reynaert - Le Nouvel Observateur

(Article paru dans "le Nouvel Observateur" du 1er décembre 2011)

Published by ANDRE - ACTUALITES

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BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

"un retraité qui prend le temps d'écouter et d'analyser tout ce qui fait notre quotidien... qui prend aussi le temps d'écrire... qui adore chiner... et qui adore les gravures anciennes... Un retraité qui aime vous transmettre ce qu'il aime, au hasard de ses souvenirs et de ses découvertes. "

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