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J'adorais sans conteste, les visites du grand cousin Roland, qui arrivait souvent vers les cinq heures du soir, et avec lequel j'aimais jouer au cow-boy, ou au ping pong dans le jardin.


Le seul problème, c'est qu'il fallait toujours finir les devoirs avant d'aller jouer!


Je n'ai jamais compris cette obstination des parents à toujours vouloir empêcher le monde de tourner en rond, et tout particulièrement le mien, qui n'était rempli que d'un goût infini pour la paresse et pour l'oisiveté...


Quelquefois même, le cousin Roland s'y mettait, et il riait des fautes que je faisais dans ma hâte d'en finir avec les devoirs de classe...


Ma sympathie pour lui se transformait dans ces moments là, en une haine sourde, que seule la vue du jardin parvenait à calmer.


Parfois, nous jouions aux petits soldats, et nos armes de guerre, étaient des fusils à air comprimé, les projectiles venant du jardin.

J'ai encore en moi, l'odeur des tiges de géraniums qui nous servaient à toucher les victimes, et qui laissaient un mince filet de sève sur le plastique de nos combattants, permettant ainsi de faire un diagnostic sur la gravité des blessures...


Mais ces petits soldats ne m'ont pas toujours laissé de bons souvenirs!


Mon voisin, m'avait demandé de lui prêter mon régiment de légionnaires, fort d'une vingtaine de personnages. Il devait en effet se rendre chez un de ses amis très riche du centre ville, pour une bataille gigantesque, dont je ne pouvais que rêver!


Je confiais donc mes "hommes", ils me représenteraient...


STARLUX-2004--43-.JPG

Je dus attendre plusieurs jours, avant qu'on me ramène ma troupe, et quelle ne fût pas mon horreur de constater qu'elle tenait toute entière dans un petit mouchoir...

En effet, avec beaucoup de sérieux, le petit voisin m'expliqua que mon régiment, après avoir été fait prisonnier, avait été condamné à la décapitation, et donc il ne me restait plus que les têtes...


Je n'étais pas très futé, et j'avais encore moins d'humour...

Ma colère éclata, et ma soeur aînée eut beaucoup de mal à retenir le fusil à air comprimé que je voulais casser sur le dos de ce cher voisin...


Le calme une fois revenu, il m'expliqua qu'il s'agissait d'une blague, et que mes soldats étaient toujours en bon état...


Je ne sais pas si c'est de ce temps là que me vint mon amour des soldats de plomb, dont je fis collection toute ma vie, et que j'espère, mes fils se partageront...

 

André Obadia

Published by ANDRE - ECRIT PERSONNEL, COLLECTIONS

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BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

"un retraité qui prend le temps d'écouter et d'analyser tout ce qui fait notre quotidien... qui prend aussi le temps d'écrire... qui adore chiner... et qui adore les gravures anciennes... Un retraité qui aime vous transmettre ce qu'il aime, au hasard de ses souvenirs et de ses découvertes. "

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