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Le train, la nuit…

 

Cahotant et bruyant, le train va dans la nuit, et mon regard se perd dans un décor invisible, insaisissable, fugitif…

Mon regard, comme ma pensée, vagabonde au hasard de l’imagination, à mi-chemin entre le rêve et la réalité.

Ma tête pèse lourdement sur mes épaules lasses, mon front se pose sur la vitre froide et humide, et mon esprit ne parvient plus à faire la part des choses.

Dans le dédale insensé des sentiments, tout mon être se brouille, mi-joyeux, mi-désemparé. Le temps défile à la vitesse du paysage nocturne, mais ma pensée se fige par instants sur des images, vestiges de mon passé. Mais aucun de ces souvenirs fugaces ne parvient à se fixer en moi.

Qu’allais-je faire de ce temps qui me reste à vivre ?

Sera-t-il encore long le chemin à parcourir, aurai-je assez de temps pour en tirer profit ?

Aurai-je au moins la force de cerner les problèmes, de surmonter les peines et d’oublier mes haines ?

Saurai-je encore aimer aussi fort que je t’aime, saurai-je encore donner tout ce qu’en moi tu aimes ?

Voilà que la nuit noire me fait douter quand même, ou du moins redouter tous les caprices du temps.

Le temps, le temps, toujours le temps, trop de temps, pas assez ou tout juste le temps. Et aurai-je le temps d’avoir assez de temps ?

Que de questions obscures dans le lointain opaque, et la buée du soir couvre mon désespoir.

Car du bonheur comme de la peine revient toujours le désespoir, douleur des joies passées ou des peines infinies.

Et les larmes qui coulent, imperceptibles aux autres, me transportent ailleurs, en un monde incertain.

Qu’il est dur de grandir lorsqu’on est un enfant, mais qu’il est difficile aussi de vieillir sans connaître l’échéance.

Lorsque l’âme vagabonde, on rêve d’un voyage rempli des belles images de notre vie. On voudrait être sûr que le souffle restera en soi, et en toi aussi, en toi surtout.

On voudrait que l’amour ait bâti un empire dont les remparts immenses nous protègent du pire. Je voudrais que le train poursuive son chemin, nous emportant ensemble vers d’autres aventures, mais qu’il sorte du noir, et qu’encore le soleil réchauffe nos envies et entretienne l’espoir.

 

André Obadia

Janvier 2012

  Trains-italiens

Published by ANDRE - ECRIT PERSONNEL

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BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

"un retraité qui prend le temps d'écouter et d'analyser tout ce qui fait notre quotidien... qui prend aussi le temps d'écrire... qui adore chiner... et qui adore les gravures anciennes... Un retraité qui aime vous transmettre ce qu'il aime, au hasard de ses souvenirs et de ses découvertes. "

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