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LA VENGEANCE D'UNE FEMME / JULES BARBEY D'AUREVILLY / LILAO / BD ET LITTERATURE
"Elle avait combiné la transparence insidieuse des voiles et l'osé de la chair, avec le génie et le mauvais goût d'un libertinage atroce, car, qui ne le sait ? en libertinage, le mauvais goût est une puissance."
la vengeance d'une femme002Après avoir constaté l'incapacité de la littérature moderne à traiter des sujets vraiment forts, l'auteur raconte l'aventure arrivée à un aristocrate français qui a suivi, à Paris, une prostituée à la beauté fascinante, qui lui rappelait quelqu'un. En effet, elle lui révéla être la duchesse de Sierra-Leone, l'épouse d'un des plus grands seigneurs d'Espagne. Elle se vengeait de lui de cette façon terrible, en souillant son honneur, car il avait fait tuer l'homme qu'elle aimait de l'amour le plus pur. Consumée par cette vie, elle mourut à la Salpêtrière.
LA VENGEANCE D'UNE FEMME

Belle adaptation BD de la litterature de Barbey d'Aurevilly, ici une des nouvelles des Diaboliques...
Planche bd 11540 VENGEANCE D'UNE FEMME (LA)
Avis de Sceneario.com

(20 Mars 2009)

 

"Fabrice Lilao, jeune auteur, se lance dans l'univers de la bande dessinée en produisant comme premier ouvrage une adaptation de la nouvelle éponyme, issue du recueil intitulé "Les Diaboliques", de Jules Barbey d’Aurevilly, écrivain du 19ème.
la vengeance d'une femme006

Il n'est point nécessaire de dire que le choix de Fabrice Lilao est très pertinent, dans le sens où la nouvelle dont il est question et qu'il met en images est des plus fortes émotionnellement parlant. En effet, ce texte se réfère à une femme exceptionnelle, volontaire, qui a pris pour parti de sacrifier d'une manière la plus vile sa vie bourgeoise et sa santé pour se venger d'un mari vaniteux. De fait, il y est question d'amour, d'abnégation et puis d'assassinat et de vengeance.


Fabrice Lilao s'est donc accaparé le récit de Barbey d'Aurevilly et en a soustrait les passages les plus forts à ses yeux, qu'il égraine au gré des nombreuses planches qui constituent l'ouvrage. C'est l'occasion pour le lecteur d'apprécier à leur juste valeur la prose raffinée de l'auteur et les situations parfois crues dans lesquelles il plonge son héroïne.

la vengeance d'une femme003

Par ailleurs, afin de ne pas gruger le lecteur sur la teneur de la nouvelle originale, l'éditeur a eu la bonne idée d'annexer cette dernière en fin d'album, permettant ainsi d'appréhender dans son intégralité cette œuvre émouvante.


Le lien entre le texte et les graphiques est excellent. En effet, les émotions qu'éveille pareille transformation volontaire et décadente sont largement confortées par les dessins aux ambiances historiques de très bonne qualité en noir et blanc, réalisés semble-t-il en couleur directe monochrome. La sensibilité et la sensualité de la duchesse sont bien retranscrites, tout comme sa volonté d'assouvir sa vengeance. On percevra au travers de ses expressions la détresse de la jeune femme. Par ailleurs, on accrochera bien volontiers à cet érotisme sans vulgarité qui se dégage des quelques planches où la prostituée se dévoile sans retenue à Robert.


Pour son premier ouvrage, Fabrice Lilao a réussi son pari. Grâce à cette sensibilité dont il s'est fait le maître d'oeuvre, il est certain qu'il touchera le plus grand nombre. A lire !

Par Phibes"

 

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"Dandy libertin, habitué des salons et blasé des choses de l’amour, Robert de Tressignies se surprend un soir à suivre une fille du boulevard dont le maintien altier l’a interpellé et lui rappelle une duchesse de la plus grande noblesse. Arrivé dans le logement de la courtisane, il s’étonne du contraste entre la nature fière de celle-ci, ses courbes de reine et l’environnement tapageur et glauque indiquant trop bien son métier. Lorsque la belle lui rend ses assauts, il est subjugué par la sauvagerie rageuse qu’elle y met, s’imaginant même, un court instant, qu’il est l’incitateur de tant de passion. Un regard porté au portrait pendu à son poignet le détrompe. Jaloux, Robert de Tressignies exige des explications. Alors, la prostituée engluée dans sa fange lui révèle son identité et son histoire. Elle est bien cette noble espagnole qu’il avait aperçue jadis, et n’est tombée si bas que pour mieux se venger d’un mari orgueilleux et cruel dont elle entend abattre l’honneur par sa propre déchéance…
la vengeance d'une femme004

Pour son premier album, Fabrice Lilao choisit d’adapter
La vengeance d’une femme, une nouvelle de Jules Barbey d’Aurevilly issue du recueil des Diaboliques paru en 1874 et qui met en scène une série d’héroïnes aux destins singuliers et sulfureux. Fidèle à l’esprit comme à la lettre de l’œuvre originale, il conserve la substantifique moelle narrative en laissant cependant de côté certains détails ou allusions difficiles à saisir pour le lecteur d’aujourd’hui. Ce dernier pourra néanmoins, s’il le souhaite, lire le texte intégral publié en fin d'ouvrage par l’éditeur, et en découvrir ainsi toute la richesse ou se prêter au jeu de la comparaison.

Dans cette histoire d’amour adultère – quoique platonique -, de jalousie meurtrière, de vindicte et de haine, les sentiments résonnent puissamment tant à travers les mots que les attitudes des personnages. Tout comme Tressignies, observateur et confident, comment ne pas se sentir fasciné par cette duchesse d’Arcos si volontaire, si obstinée, si infâme dans son désir vengeur d’abattre la fierté de son époux qu’elle fait pâlir toutes les grandes figures littéraires ou cinématographiques de la vendetta. L’intensité du récit va crescendo, l’horreur aussi au fil de ce que raconte la Grande d’Espagne devenue fille de rien, et si une pause est marquée dans les dernières pages, c’est à la fois pour mieux souligner l’impact de cette rencontre inattendue et amener un de ces dénouements vertigineux, qui laissent pantelant et coi, tels que savaient si bien les écrire un Barbey d’Aurevilly ou un Maupassant.


Mais si le verbe possède autant de saveur, c’est que Fabrice Lilao a su le magnifier par son dessin au trait d’une grande pureté qui confère une force sans pareille aux mots, aux émotions, aux affects. Pleines pages et découpage en deux ou trois bandes se suivent comme autant de tableaux transpirant la passion. Les corps nus et blancs se détachent des ombres de la chambre minable ou des étoffes froissées du lit. La sueur perle sur les membres pleins de l’héroïne comme si la folie et la rage en exsudaient. Les visages sont marqués par le bouillonnement des émotions. Et lorsque la fière espagnole évoque celle qu’elle était au début de son mariage, le dessinateur la fait aussi hiératique et immobile qu’on s’y attend, la fondant dans un environnement immuable, comme si elle devenait une de ses toiles ornant son château féodal. Le Paris de Louis-Philippe, le brillant étudié des salons, mais aussi la touffeur aux senteurs mêlées des appartements de la duchesse sont également bien rendus, réalistes.


Avec
La vengeance d'une femme, Fabrice Lilao signe un très beau premier album. A lire ! et auteur à suivre...
M. Natali"

la vengeance d'une femme005         la vengeance d'une femme001  

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BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

"un retraité qui prend le temps d'écouter et d'analyser tout ce qui fait notre quotidien... qui prend aussi le temps d'écrire... qui adore chiner... et qui adore les gravures anciennes... Un retraité qui aime vous transmettre ce qu'il aime, au hasard de ses souvenirs et de ses découvertes. "

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