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La présidentielle sous le regard amusé, ennuyé ou sévère de la presse étrangère


"Ennuyeuse, la campagne présidentielle française ? Morose ? "Pitoyable", même, comme l'a suggéré la socialiste Martine Aubry ? "Frivole", a tranché le 30 mars The Economist, l'hebdomadaire britannique donnant le ton à une presse européenne ébahie de voir les "vrais enjeux" - croissance, compétitivité, réduction des dépenses publiques - s'effacer devant des sujets secondaires comme la viande halal ou la gratuité du permis de conduire.

Même le quotidien de centre gauche The Independent a prévenu : "Les Français ne voteront pas pour l'austérité, mais c'est ce qu'ils auront." Plus sournoisement, un commentateur de Channel 4 a souligné que le régime entrepris par François Hollande ne serait pas suffisant et que le candidat "devra réduire encore sa consommation de gâteaux au chocolat s'il veut équilibrer les comptes de la France".

Une certaine propension française à "nier la réalité" a également été mise en avant en Allemagne, où le Tagesspiegel regrette que "les grandes questions qui décident du sort du pays et de l'Europe aient été simplement évacuées". Coupée des réalités, la campagne française le serait aussi du monde extérieur : Nicolas Sarkozy qui, il y a cinq ans, annonçait "le retour de la France en Europe", menace aujourd'hui d'appliquer la "politique de la chaise vide", remarque Die Zeit. L'hebdomadaire s'amuse de la place qu'a un temps occupé dans la campagne le "modèle allemand", et de ces Français que "nous connaissons à peine et qui, depuis peu, nous aiment".

Il Foglio, le quotidien de la droite intellectuelle italienne, a déjà baissé le rideau. "Un homme quelconque à Paris", tel est le titre du long article de Marina Valensise consacré à François Hollande. La signature n'est pas anodine : c'est à cette journaliste que le journal avait demandé, il y a cinq ans, de suivre la campagne de Nicolas Sarkozy. Après avoir multiplié les "papiers" sur les outsiders, les médias transalpins se concentrent sur celui à qui la victoire semble promise. Même Carla Bruni, l'épouse de M. Sarkozy, a disparu des colonnes au profit de Valérie Trierweiler, compagne du candidat PS.

HOLLANDE, UN "ROOSEVELT EUROPÉEN" EN GRÈCE

L'Espagne, elle, n'a pas tourné la page Sarkozy, amère d'avoir été dénigrée publiquement par le président sortant - lequel s'était demandé s'il existe "un seul Français qui veuille aujourd'hui pour son pays le destin de la Grèce ou de l'Espagne". Pour le quotidien de droite El Mundo, "donner des coups de bâton à l'aveugle contre l'Espagne dans l'objectif de récolter des voix s'est imposé comme une stratégie récurrente".

Même tonalité en Grèce, où l'hebdomadaire To Vima titre : "Les Français votent l'esprit tourné vers Athènes". François Hollande séduit de nombreux médias, parmi lesquels le quotidien de centre gauche Ta Néa, qui en fait un "Roosevelt européen" et espère que le socialiste parviendra à réorienter la politique européenne en faveur de la croissance. En Belgique - du côté francophone en tout cas -, l'habituel intérêt pour la politique française a été décuplé par la polémique sur la publication des résultats avant la fermeture des bureaux de vote. Les Belges se sont d'autant plus intéressés à la campagne que leur gouvernement compte des partisans... de M. Hollande, de M. Sarkozy et de M. Bayrou, et que les ministres ont exprimé publiquement leur préférence.

Les enjeux internationaux de la campagne - intégration européenne, mission en Afghanistan, relations transatlantiques - ont dominé le débat aux Etats-Unis. Les médias se sont peu intéressés à François Hollande, résumé d'un trait : le candidat qui veut taxer les riches à 75 %. Certains ont attribué le désamour de l'opinion pour M. Sarkozy au fait qu'il n'est peut-être pas assez "français" aux yeux des électeurs. Les Américains s'intéressent aussi aux singularités françaises, comme le contrôle du temps de parole ou le financement public de la politique.

Les médias argentins, eux, ont accordé une place inhabituelle à un candidat... franco-argentin. Jacques Cheminade, qui a vécu en Argentine jusqu'à ses 18 ans, demeure un "mystère pour les électeurs français", concède le quotidien Pagina 12. Source de curiosité aussi, Jean-Luc Mélenchon, qui se revendique d'un modèle de développement argentin, rappelle le quotidien Clarin.

Le candidat du Front de gauche a aussi eu les honneurs d'un portrait dans le magazine russe Vlast', qui le qualifie de "gourou des masses" ou encore de "rock star". Le très sérieux hebdomadaire évoque aussi un Nicolas Sarkozy "soucieux de ne pas abandonner la France dans une mauvaise passe" ; un François Hollande passé du statut de "chiffe molle" à celui de "présidentiable" ; une Eva Joly, "ancienne deuxième dauphine de Miss Norvège" à " l'accent amusant" ; un François Bayrou " Français traditionnel" qui gouvernerait "dans l'intérêt des producteurs et des vaches françaises". Quant à l'entreprise de "dédiabolisation" entreprise par Marine Le Pen, Vlast'cite le père de la candidate, qui disait en 2005 : "Marine est très gentille, mais un Front national gentil n'intéresse personne." M. Mélenchon encore, en Chine, où l'agence officielle interprète sa percée comme le signe d'un "mécontentement" français face à la crise. " Pour le peuple chinois, M. Mélenchon n'est pas un inconnu, rappelle Chine nouvelle. En 2008, il avait été l'un des rares à avoir le courage de s'opposer publiquement, et au nom de la justice, au boycottage des Jeux de Pékin."

"L'AFRIQUE A DE BONNES RAISONS DE PORTER UN REGARD INTÉRESSÉ" SUR L'ÉLECTION

Au Burkina Faso, Le Pays assure que "c'est toute l'Afrique qui a de bonnes raisons de porter un regard intéressé sur l'actualité française". "Tout est avant tout lié à la personnalité et aux réseaux d'amitiés de celui sur qui les Français porteront leur choix. François Hollande aurait-il eu la même attitude que Nicolas Sarkozy face à la crise libyenne ou ivoirienne ?" s'interroge le journal, qui conclut : "Dès lors que les intérêts de la France sont en jeu, gauche ou droite, c'est bonnet blanc, blanc bonnet."

A en croire El Watan, les Algériens "souhaitent que la gauche l'emporte", mais rejetteraient un François Hollande "qui reste malgré lui très dépendant du capitalisme dominant". Le quotidien souligne qu'"il y a une réelle sympathie pour Jean-Luc Mélenchon, qui a promis qu'il effectuerait son premier voyage officiel en Algérie". Quant à Nicolas Sarkozy, "en instrumentalisant outrageusement l'affaire Merah, en remettant sur le tapis le problème des harkis, il a voulu se relancer dans la campagne sur le dos de notre pays", affirme El Watan, pour qui le président-candidat " incarne personnellement" l'extrême droite.

A l'exception de la tuerie de Toulouse, la campagne a eu un écho discret en Israël. "Au secours, la gauche revient !", puis : " Rassurez-vous, cela se passe en France, pas ici"... Dans sa chronique pour le quotidien de gauche Haaretz, Avirama Golan a donné le ton : Israël, du moins sa classe politique dominante, son gouvernement de droite et d'extrême droite, "votent" naturellement pour Nicolas Sarkozy. Rien de personnel contre le candidat PS, mais outre que le président sortant est réputé pro-israélien, "Hollande ? Inconnu au bataillon".

La campagne n'a guère emballé les journaux iraniens. Ce n'est qu'à deux jours du premier tour que Tehran Emrooz, dirigé par le maire de Téhéran, un proche du Guide suprême, a consacré un éditorial à la "farce" que constitue la présidentielle française. Le favori du régime semble être François Hollande, qui "envisagerait une politique moins sévère à l'encontre de l'Iran". Le journal dévoile aussi les "jeux politiques" de M. Sarkozy, qui "a présenté un candidat" face à M. Hollande afin de diminuer les votes en sa faveur. Un certain "Luc Belançon" (sic)..."

Benoît Vitkine avec le service international

Published by ANDRE - ACTUALITES

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BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

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"un retraité qui prend le temps d'écouter et d'analyser tout ce qui fait notre quotidien... qui prend aussi le temps d'écrire... qui adore chiner... et qui adore les gravures anciennes... Un retraité qui aime vous transmettre ce qu'il aime, au hasard de ses souvenirs et de ses découvertes. "

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