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JEAN-LOUIS FORAIN / LES MAITRES HUMORISTES ARTS PLASTIQUES

Forain portraitJean-Louis Forainpar Grun
Jean-Louis Forain est né à Reims le 23 octobre 1852. Il meurt à Paris le 11 juillet 1931.
Né dans une famille de fileurs et de tisserands, il restera toujours attaché à sa ville natale.

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Le buffet


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Enfant de la Commune il sut montrer à travers sa double activité de dessinateur de presse et de peintre  sa sensibilité à l’égard du peuple et son hostilité à toute forme d’académisme. Ils eut une for­mation classique : l’apprentissage se fit à l’École des Beaux-Arts et auprès de Gérôme.

Par ailleurs, ils fut en contact avec les cercles d’avant-garde. Forain qui eut deux grands maîtres, Manet et Degas, fut un familier du café Guer­bois, de la Nouvelle Athènes, du cercle de Médan, puis de la Cave de Vollard.

Gache-palette chez Gill, Forain connut une vie de bohème et même de misère à ses débuts, partageant pendant deux mois en 1872 un affreux galetas rue Campagne-Première avec Verlaine et Rimbaud. Faute d’argent pour ache­ter des couleurs, il n’eut pas toujours la possibilité de peindre selon son désir, comme en témoigne un bouquet de violettes, resté inachevé en 1873. Aussi dès 1875 Forain obtient-il des petits cachets dans des feuilles humo­ristiques et pendant quarante ans on vit sa signature dans de nombreux périodiques français et étrangers. Surnommé « Le Juvénal du Figaro », il fut le directeur de l’éphémère et sulfureux Fifre.
Il se marie en 1891 avec Jeanne Bosc (1865-1954), artiste sculpteur.
Forain connut gloire et fortune dans la deuxième moitié de sa vie, fréquen­tant le Tout-Paris mais il se convertit au catholicisme à la suite d’une visite avec Huysmans au monastère de Ligugé à Noël 1900.
Huysmans
HUYSMANS
Forain, que Verlaine et Rimbaud surnommaient familièrement Gavro­che, s’est intéressé à toutes les strates de la société. Néanmoins, plein de compassion pour les déshérités, il nourrit toute sa vie une grande animosité envers les bourgeois. « Avec un hôtel particulier ( au Chesnay, près de Louveciennes) et une belle campagne romantique, souligne Ferdinand Bac, il continua à exécrer la bourgeoisie satisfaite, exactement comme s’il vivait dans une mansarde et mangeait des pommes frites dans un cornet, aux temps héroïques de la misère… »
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Dans les tableaux de Forain, la foule est souvent représentée sommai­rement, de manière presque caricaturale. À l’instar de Daumier, l’artiste re­cherche plus spécifiquement les types physiques et moraux qu’il débusque aussi bien dans les milieux interlopes de la pègre que dans les salons de chez Maxim’s. À ce titre, la caricature fut un réservoir de sujets pour sa peinture, créant un monde où se côtoient le « gommeux », le mauvais gar­çon et le rat de l’Opéra.
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À l’opposé des matrones dotées d’un hyperbolique embonpoint, les trottins et les grisettes sont trop petites et trop maigres. La plupart du temps la gent féminine paraît vénale et perverse. La misogynie de Forain est à cet égard proche de celles de Degas et de Huysmans qui se plaît à souligner que personne n’a mieux exprimé que son ami la délicieuse horreur du masque rosse de la femme, « ses élégantes vengeresses des famines subies, ses dèches voilées sous la gaieté des falbalas et l’éclat des fards » . Toutefois, Forain qui détestait les comédiens et les cabots de toute espèce, recherche la vérité sous la laideur. Il rejoint aussi Huysmans dans sa haine du dilettante abusé par le conformisme factice « des Salonards », Bouguereau qualifié par lui de peintre des doigts de pieds, symbolisant à ses yeux le kitsch de son époque. « Ah ! où sont les Madame Cardinal préposées au cordon, habitant des cambuses, regrette-t-il narquois,… « où, le long des murs enfumés pendaient des chromos… et la représentation d’une œuvre de quelque M’sieu Bouguereau » .
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Fustigeant les injustices, la fausse respectabilité, la niaiserie comme la méchanceté, l’artiste qui se place davantage sur le plan social que moral, affirme qu’il ne caricature pas, mais dénonce. Il préfère « mordre dans la masse » plutôt que s’attaquer à la personnalité des gens et lance cette sentence : « La corruption n’existe pas en haut, c’est la névrose, en bas, c’est la faim » .

Fondée sur l’écart qui sépare la représentation de la réalité, la caricature vise l’effet de surprise, mais par le biais de plusieurs subterfuges.
Image et légende sont indissociables dans les dessins de Forain. Et pourtant, elles s’inscrivent généralement en faux l’une par rapport à l’autre. La méthode de travail du caricaturiste qui adaptait ses textes après coup, souvent dans une recherche collective avec ses proches, en est la cause. Les commentaires a posteriori ne sont pas dépourvus de rosserie. Huysmans dans Certains L’avocat et sa cliente (1912) par exemple,
1907 Forain la plaidoirie
Forain substitue la tension psychologique à l’effet journalistique qui subsiste dans les dessins des faits divers ayant pour thème l’agressivité physique. Tel un chasseur, l’artiste guette ses proies, traquant dans un moment d’inat­tention un geste ou une crispation révélatrice du visage. Mais sous le « regard clinique » de l’observateur, se trame un lourd complot dans les contrastes inquiétants des ombres et des lumières. C’est du moins le sen­timent de Huysmans lorsqu’il évoque des « mariages et des heurts inatten­dus de tons, des effets inouïs ;… » et une « observation attentive des reflets et des ombres » . Dans le même registre, le terrible manipulateur qu’est Forain, ce conteur hors pair, va jusqu’à faire rire d’elles-mêmes ses victi­mes : dissimulant le ricanement sous la plaisanterie, il aime se situer à la frontière du comique et du drame et en cela fut très proche de Huysmans.
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Son ami savait lui aussi à merveille créer des tensions au cœur des petites misères quotidiennes et camoufler fallacieusement sous une apparente impartialité une caricature féroce. Forain se défend pour sa part de méchanceté, non sans cynisme toutefois, lorsqu’il répond à ses détracteurs qu’il n’a pas de haine. Il y a seulement pour lui des êtres qui déplaisent.
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Published by ANDRE - HUMOUR, ARTS PLASTIQUES, CULTURE

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BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

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"un retraité qui prend le temps d'écouter et d'analyser tout ce qui fait notre quotidien... qui prend aussi le temps d'écrire... qui adore chiner... et qui adore les gravures anciennes... Un retraité qui aime vous transmettre ce qu'il aime, au hasard de ses souvenirs et de ses découvertes. "

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