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Dans la forêt d’Alienor

 

Il était une fois, en des temps reculés, une sombre forêt que l’on appelait Alienor.

A cette époque, le monde subissait une grande vague d’obscurantisme qui avait remplacé  les civilisations évoluées,

Il fallait suivre des chemins tortueux pour atteindre la demeure d’une femme malade, rongée par un mal effrayant, la jalousie.

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Pourtant, Nerva avait toutes les raisons d’être heureuse. Son mari était jeune et beau, il l’avait aidée à sortir de ses angoisses passées, et lui avait offert un merveilleux garçon, aujourd’hui âgé de 6 ans.

Mais Nerva avait un grave souci, elle ne supportait pas l’amour que son fils Johan portait à sa grand-mère.

C’était un amour presque fusionnel ! Nanou, comme Johan appelait sa mamie, le comprenait, l’intéressait à tout.

Cet amour aurait pu réjouir Dame Nerva, mais non, elle ne pouvait accepter cette complicité de son fils avec une autre femme, et cela la rendait méchante avec lui, dès qu’il revenait de chez Nanou, elle le serrait dans ses bras jusqu’à le faire pleurer, espérant sans doute lui faire regretter l’amour pour sa grand-mère.

Dans la contrée, personne ne comprenait qu’une mère puisse reprocher à son fils d’aimer sa grand-mère, mais rien n’y faisait, obstinée et fermée à tout sentiment, Dame Nerva tissait méthodiquement sa toile pour empêcher l’enfant de rencontrer « sa Nanou »…

Le mari de Nerva, qui connaissait la maladie de sa femme, n’osait rien dire, et laissait la situation se dégrader. Il n’imaginait même pas la souffrance de sa propre mère qui pourtant lui avait donné tant d’amour, et qui en offrait tout autant au petit Johan.

Isolée au fond de la forêt d’Alienor, Nerva espérait que l’herbe folle couvrirait tous les chemins qui menaient à son enfant.

Quel drôle d’état d’esprit pour une femme que de voir en sa belle-mère une rivale !

Et les années passèrent.

Johan ne pouvait plus voir celle qu’il appelait « Nanou », car il redoutait trop les crises de sa mère, capable de se transformer en tortionnaire lorsqu’elle était contrariée.

Mais un jour, malgré les ronces du chemin, il partit à la recherche de cette affection qui lui faisait défaut, et tout naturellement, son instinct le poussa vers celle qui l’aimait simplement, sans calculer, celle qui l’aimait sans arrière-pensée.

Lorsque Dame Nerva s’aperçut du départ de son fils, elle fut prise de tremblements, la colère et la haine lui envahirent l’esprit .

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Sans réfléchir, uniquement guidée par sa maladie, elle mit le feu à la forêt, espérant de la sorte arrêter le petit Johan, qui ne pensait pas à mal en aimant sa grand-mère.

Les flammes étaient terribles  et montaient au dessus des branches des arbres, et Johan avait envie de pleurer, mais il savait que sa maman lui interdisait de pleurer…

Il se sentait désespéré, seul au milieu des flammes du tourment de sa mère, lorsque soudain, comme un miracle, les vents devinrent contraires, et l’incendie se mit à reculer, se dirigeant à présent sur Dame Nerva, la menaçant de toute part.

Le petit Johan, n’écoutant que son courage fit demi tour pour secourir sa mère en danger. Cette fois-ci, c’est lui qui serrait sa mère entre ses bras pour la protéger du feu menaçant, pour l’aider à surmonter ses douleurs.

Lorsque les douleurs de l’âme de Nerva furent apaisées, le vent se dissipa, laissant la mère saine et sauve avec son petit Johan.

Comme les flammes avaient détruit toutes les ronces du chemin, Johan eut enfin le droit de retourner jouer chez Nanou, qui en fut très heureuse.

C’est vers cette époque que la forêt d’Alienor retrouva la lumière, et offrit une vie heureuse à ses habitants.

 

André Obadia

Octobre2010

Published by ANDRE - ECRIT PERSONNEL

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BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

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"un retraité qui prend le temps d'écouter et d'analyser tout ce qui fait notre quotidien... qui prend aussi le temps d'écrire... qui adore chiner... et qui adore les gravures anciennes... Un retraité qui aime vous transmettre ce qu'il aime, au hasard de ses souvenirs et de ses découvertes. "

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