Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
J'allais voir un amuseur public, et j'ai découvert un poète...

165940-daniel-prevost-a-l-affiche-a-paris-637x0-2.jpg
Merci Daniel Prévost pour cet incroyable moment de poésie et d'émotion!
Lorsque l'on ouvre les portes de son jardin secret pour offrir un tel spectacle, avec des références culturelles franco-espagnoles remarquables, on mérite le triomphe obtenu face au public.
1189-concert-federico-daniel-prevost--zoom.jpg
Le poète nous dévoile son âme en paroles ou en chansons, sous les notes mélodieuses de deux guitares sèches, et l'on voyage de Grenade à Jaen avec le souvenir de Federico Garcia Lorca, mort à 37 ans sous les balles Franquistes,
lorca.jpgFederico Garcia Lorca
mais dont l'oeuvre est devenue immortelle.
Au delà même de la poésie, Daniel Prévost nous offre un hommage à l'amour, entre les hommes mais aussi à sa femme disparue sans avoir eu le temps de l'accompagner en Espagne.
Oui, encore merci Monsieur Prévost pour tout votre talent et toute votre sensibilité...




Daniel Prévost dans Fédérico, l'Espagne et moi
envoyé par FranceSoirVideos. - Découvrez plus de vidéos créatives.


 

"Je la pris près de la rivière

Car je la croyais sans mari

Tandis qu’elle était adultère

Ce fut la Saint-Jacques la nuit

Par rendez-vous et compromis

Quand s’éteignirent les lumières

Et s’allumèrent les cri-cri

Au coin des dernières enceintes

Je touchai ses seins endormis

Sa poitrine pour moi s’ouvrit

Comme des branches de jacinthes

Et dans mes oreilles l’empois

De ses jupes amidonnées

Crissait comme soie arrachée

Par douze couteaux à la fois

Les cimes d’arbres sans lumière

Grandissaient au bord du chemin

Et tout un horizon de chiens

Aboyait loin de la rivière


Quand nous avons franchi les ronces

Les épines et les ajoncs

Sous elle son chignon s’enfonce

Et fait un trou dans le limon

Quand ma cravate fût ôtée

Elle retira son jupon

Puis quand j’ôtai mon ceinturon

Quatre corsages d’affilée

Ni le nard ni les escargots

N’eurent jamais la peau si fine

Ni sous la lune les cristaux

N’ont de lueur plus cristalline

Ses cuisses s’enfuyaient sous moi

Comme des truites effrayées

L’une moitié toute embrasée

L’autre moitié pleine de froid

Cette nuit me vit galoper

De ma plus belle chevauchée

Sur une pouliche nacrée

Sans bride et sans étriers


Je suis homme et ne peux redire

Les choses qu’elle me disait

Le clair entendement m’inspire

De me montrer fort circonspect

Sale de baisers et de sable

Du bord de l’eau je la sortis

Les iris balançaient leur sabre

Contre les brises de la nuit

Pour agir en pleine droiture

Comme fait un loyal gitan

Je lui fis don en la quittant

D’un beau grand panier à couture

Mais sans vouloir en être épris

Parce qu’elle était adultère

Et se prétendait sans mari

Quand nous allions vers la rivière"


Federico Garcia Lorca, extrait de “El Romancero Gitano”

Traduction Jean Prévost

Published by ANDRE - THEATRE

commentaires

BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

"un retraité qui prend le temps d'écouter et d'analyser tout ce qui fait notre quotidien... qui prend aussi le temps d'écrire... qui adore chiner... et qui adore les gravures anciennes... Un retraité qui aime vous transmettre ce qu'il aime, au hasard de ses souvenirs et de ses découvertes. "

Pages

Articles récents

Hébergé par Overblog