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Comme le papier sous le vent, envolé…

 

La plage était infiniment longue, écrasée de soleil, et la brume chaude cachait au loin la pointe de Javea.

La mer, sans un bateau, passait du bleu au vert, depuis la ligne d’horizon jusqu’au sable, et seules quelques écumes blanches me rappelaient la vie et son mouvement permanent.

Quelques pas me séparaient encore de toi, étendue sous le feu du soleil Espagnol.

Je tentais de lire sur le bleu des flots notre avenir, notre bonheur, aussi intense que celui que nous avons vécu sous le ciel plus gris de notre Normandie, ou aux quatre coins de l’Europe, traversée un peu dans tous les sens, au fil de nos vacances.

J’aime cette mer impériale et si variée, suivant qu’on la regarde dans le fjord d’Oslo, depuis le sable blanc de la plage infinie de Vidsand au Danemark, sur le sable fuyant sous la marée à Rest Bay au Pays de Galles, ou sur la côte d’azur, au pied des châteaux de Théoule.

J’aime l’eau, même lorsqu’elle est immobile sur le lac de Constance, ou bien entre Morbitch et la Hongrie, lorsque le rideau de fer ne s’était pas encore déchiré.

J’aime et je hais ce monde qui vagabonde au rythme de mes contradictions.

Pourquoi chercher au large une route inconnue ?

navire001.jpg

Notre chemin s’est dessiné sans heurts, sans grandes douleurs, et même si les jours futurs devaient être différents, je sens que nous saurions les dominer ensemble.

Sur l’écran vert et bleu, je vois bien quelque part le visage de mon père qui repose dans la terre, ce visage mélangé d’homme fier et beau, et d’homme malade et vieilli, humilié par le temps de sa vie.

Je vois aussi notre jeunesse, déjà très loin, déjà très floue, et encore si présente dans nos cœurs et nos envies, malgré nos fils adultes, qui sont notre fierté et le fruit de notre amour…

Alors, demain peut bien venir, il restera encore du soleil et de l’eau, et des routes, des routes à parcourir, des sentiers à gravir, les nôtres et ceux de nos enfants aussi…

Tu es belle sur le sable, et je suis près de toi, il fait chaud, le monde pourrait ne pas exister, le bonheur, c’est l’éternité de l’instant aimé, le bonheur, c’est parfois de ne pas penser…

Juste le temps d’une envie de le faire partager, et le voilà comme le papier sous le vent, envolé…

Envolé, mais écrit de nos mots sur la page de la vie…et toujours cette envie que notre bonheur dure jusqu’à l’infini.

 

André Obadia

Octobre 2010

Published by ANDRE - ECRIT PERSONNEL

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BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

"un retraité qui prend le temps d'écouter et d'analyser tout ce qui fait notre quotidien... qui prend aussi le temps d'écrire... qui adore chiner... et qui adore les gravures anciennes... Un retraité qui aime vous transmettre ce qu'il aime, au hasard de ses souvenirs et de ses découvertes. "

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