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BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

un retraité qui prend le temps d'écouter et d'analyser tout ce qui fait notre quotidien... qui prend aussi le temps d'écrire... qui adore chiner... et qui adore les gravures anciennes... Un retraité qui aime vous transmettre ce qu'il aime, au hasard de ses souvenirs et de ses découvertes. Musique, cinéma, théâtre, arts plastiques, cuisine, littérature, voyages, tourisme, histoire, humour etc...

“The Good Lord Bird”, l’histoire du vieux fou blanc qui prêchait pour les Noirs

Publié le 11 Janvier 2021 par ANDRE in ACTUALITES, CINEMA, CULTURE, HISTOIRE, SERIE TV

“The Good Lord Bird”, l’histoire du vieux fou blanc qui prêchait pour les Noirs

“The Good Lord Bird” sur Canal+, l’histoire

du vieux fou blanc qui prêchait pour les

Noirs

 

Buté, John Brown (Ethan Hawke) persiste à considérer comme une fille le jeune garçon à ses côtés (Joshua Caleb Johnson, dans la robe d’Onion).
Buté, John Brown (Ethan Hawke) persiste à considérer comme une fille le jeune garçon à ses côtés (Joshua Caleb Johnson, dans la robe d’Onion).2019 Showtime Networks INC

Superbe série pleine d'émotion

Dans cette série qu’il réalise, Ethan Hawke donne toute sa fougue au personnage de John Brown, un prédicateur réel et controversé, qui consuma sa vie pour abolir l’esclavage. À voir tous les jeudis sur Canal+.

« Tout cela est vrai… Presque tout cela est arrivé. » Si la nuance est subtile, elle ouvre, dès le générique, un espace de liberté pour The Good Lord Bird, série adaptée du roman à succès de James McBride (publié en France sous le titre L’Oiseau du bon Dieu, éd. Gallmeister). Sans rien trahir de l’irrévérence de l’écrivain afro-américain, ses sept épisodes fougueux retracent l’odyssée historique de John Brown, abolitionniste blanc qui sema le vent de la révolte dans le Sud esclavagiste à la veille de la guerre de Sécession. Une épopée violente, hilarante et romanesque, racontée du point de vue tranchant d’un personnage fictif, Henry, jeune esclave libéré malgré lui par Brown… Ethan Hawke avait adoré le roman de McBride, sommet d’humour grinçant traversé par une subtile réflexion sur l’histoire raciale des États-Unis. Il en signe, avec le scénariste Mark Richard, cette adaptation ébouriffante.

Un type un peu dingue

Après avoir pensé proposer le rôle de Brown à Jeff Bridges, Ethan Hawke, qui vient de fêter ses 50 ans, a réalisé qu’il ne lui manquait ni les années, ni le grain de folie pour endosser le costume poussiéreux de ce cousin américain de Don Quichotte. Grand bien lui en a pris : il est renversant dans la peau du prédicateur exalté, persuadé d’être la main armée de Dieu. Longue barbe grise, yeux perçants comme des lasers, il fait du « vieux » Brown un personnage aussi grotesque que profondément humain. À la fois impitoyable redresseur de torts et défenseur sincère des opprimés, Brown était « un type un peu dingue qui faisait peur à tout le monde, y compris aux Noirs », résumait James McBride à l’AFP en 2015. Aussi loufoque soit-il, le portrait vibre comme un hommage rendu à une figure très controversée de l’histoire américaine.

2 décembre 1859

John Brown, le Spartacus blanc

Le 2 décembre 1859, en Virginie, un État du sud des États-Unis, est pendu John Brown, un Américain blanc de 59 ans, coupable d'avoir tué plusieurs militants esclavagistes et tenté de soulever les esclaves noirs.

John Brown va devenir l'un des héros mythiques de la lutte contre l'esclavage. « Oui, que l’Amérique le sache et y songe, il y a quelque chose de plus effrayant que Caïn tuant Abel, c’est Washington tuant Spartacus », lance Victor Hugo, le jour même de son exécution, de son exil de Guernesey.

James Day

Indignation universelle

La pendaison de John Brown intervient au paroxysme du conflit entre partisans et opposants du maintien de l'esclavage. La fédération étasunienne est au bord de l'implosion.

Natif du Connecticut, John Brown est révolté par le sort fait aux esclaves dans le Sud.

La publication en 1852 du roman d'Harriet Beecher-Stowe, Uncle Tom's Cabin (La Case de l'Oncle Tom), contribue à sa prise de conscience.

Dans la nuit du 25 mai 1856, à la tête d'une poignée de volontaires, il tue cinq militants du parti proesclavagiste de la Loi et l'Ordre (Law and Order Party) à Pottawatomie, au sud du Kansas. Ses victimes ne possèdent pas elles-mêmes des esclaves !

Cette action est la plus meurtrière d'une longue série de violences dans les deux camps. Le 2 juin 1856, rebelotte. John Brown attaque et tue 23 militants esclavagistes.

Enfin, le 16 octobre 1859, avec 21 hommes (16 Blancs et 5 Noirs), il pénètre en Virginie et attaque l'arsenal Harpers Ferry. Il s'empare des armes et projette de les remettre aux esclaves en vue de leur rébellion. Mais aucun esclave ne se manifeste et dès le lendemain, Brown et ses hommes sont capturés par les marines du colonel Lee, futur généralissime des armées sudistes.

Le « Spartacus blanc » est pendu à Charles Town (aujourd'hui en Virginie occidentale). Trois semaines plus tard, Abraham Lincoln est élu à la présidence des États-Unis et, aussitôt après, le Sud fait sécession.

 
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