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MARIN A LA GUITARE. MUSEE DES BEAUX-ARTS DE ROUEN

MARIN A LA GUITARE. MUSEE DES BEAUX-ARTS DE ROUEN

Jacques Lipchitz (1891-1973), sculpteur et dessinateur

 



 

La maison Steinitz expose des sculptures et des dessins de Jacques Lipchitz (1891-1973). Né dans la Russie tsariste, cet artiste Juif arrive en France en 1909, puis s’installe aux Etats-Unis en 1940. Un sculpteur « cubiste et poétique », intéressé par le primitivisme et l’expressionnisme. Enterré à Jérusalem (Israël), cet artiste s’est engagé dans le combat contre le nazisme.

 

 

 

Chaim Jacob Lipchitz est né en 1891 dans une famille Juive bourgeoise de Druskieniki (actuelle Lituanie).

 

En 1909, il arrive à Paris. Là, il étudie à l’Ecole des Beaux-Arts et à l’Académie Julian jusqu’en 1913.

 

A La Ruche, dans le quartier Montparnasse, il fréquente les artistes de la future école de Paris – Amadeo Modigliani peint Le sculpteur Jacques Lipchitz et son épouse Berthe Lipchitz -, se lie d’amitié avec Picasso grâce à Diego Rivera, Juan Gris, Braque et l’architecte Le Corbusier.

 

En 1925, il s’installe à Boulogne-Billancourt, ville de la banlieue de Paris, avec son ami, le peintre Juan Gris (1887-1927) et travaille dans son atelier-maison conçu par Le Corbusier, au 9 allée des Pins, dans une maison attenante à celle du sculpteur Miestchaninoff.

 

En 1912, Jacques Lipchitz expose au Salon national des Beaux-arts et au Salon d’automne.

Une figure majeure de l’art moderne

 

Après une période « protocubiste » de 1913 à 1915, Jacques Lipchitz, guidé par son désir de « créer un art aussi pur que du cristal », s’oriente jusqu’en 1930 vers le cubisme, puis l’abstraction, mais « sans perdre le sens du sujet et de son humanité ».
 

Il participe à la revue L’Esprit Nouveau.

 

Sa première exposition individuelle en 1920 est présentée à la galerie de l’Effort Moderne de Léonce Rosenberg. La même année, ce sculpteur réalise trois portraits : de Jean Cocteau, Raymond Radiguet et Gertrude Stein.

 

En 1921, Coco Chanel lui commande des oeuvres – chenets - pour sa maison et son jardin. « Cette cheminée pour laquelle elle souhaitait les chenets était dans le style rococo Louis XV, tout en courbes décoratives, tout à fait le contraire de la sculpture cubiste géométrique que je faisais. Les chenets prirent la forme d’une femme allongée, avec sa jupe relevée, sur un canapé à dossier arrondi, un genre de sofa victorien. J’ai fait les deux éléments légèrement différents, mais les deux sont délibérément décoratifs, ouverts et agréables, même ironiques, si l’on pense à leur destination décorative », écrit Jacques Lipchitz dans My life in Sculpture, sur ses chenets curvilignes.

 

En 1922, Jacques Lipchitz réalise cinq bas-reliefs pour la Fondation Barnes à Merion (Pennsylvanie).

 

Il obtient la nationalité française en 1924.

 

Vers 1925, il « invente les transparents, réalisations légères à claire-voie, faites d'éléments de bois et de carton découpé, puis fondues en bronze à la cire perdue ».

 

Sa première grande rétrospective lui est consacrée par la galerie de la Renaissance de Jeanne Bucher à Paris en 1930. Une importante exposition lui est dédiée à la Brummer Gallery à New York.

 

Dès les années 1930, Jacques Lipchitz modèle dans la terre des figurines très expressives représentant des scènes mythologiques et bibliques, puis la maternité et des sujets plus lyriques qui s’enlacent.

 

A la fin de 1933, Jacques Lipchitz devirnt « un membre actif de l’Association des écrivains et des artistes révolutionnaires qui luttait pour que l’art sorte des galeries et accède aux places publiques ».

 

Hostile au fascisme, convaincu que la « liberté triompherait du Goliath de l’oopression », il crée la sculpture monumentale David et Goliath (1933) en marquant Goliath d’une svastika, croix gammée.

 

Commande du gouvernement français, Prométhée étranglant le vautour est placée au Pavillon des Sciences à l’Exposition universelle de 1937 à Paris. Dans le cadre de l’exposition Maitres d’aujourd’hui, une salle est dédiée à cet artiste au Petit Palais.

 

En 1941, grâce à Varian Fry, Jacques Lipchitz fuit, avec sa première femme la poétessse Berthe Kitrosser, la France pour les Etats-Unis dont il acquiert la nationalité en 1958.

 

Après un bref retour en France en 1946, il s'installe définitivement aux Etats-Unis, divorce et épouse en 1948 Yulla Halberstadt, sculpteur. Le couple vit à Hastings-on-Hudson et a une fille, Lolya Rachel. Cette paternité inspire à Jacques Lipchitz en particulier Mère et enfant (1949).

 

Débute une « seconde carrière, caractérisée par une création prolifique, avec une grande variété de thèmes et de styles ». Jacques Lipchitz expose régulièrement notamment à la Buchholz Gallery à New York. Une rétrospective itinérante présentée en 1954 au Museum of Modern Art (MoMA) de New York.

 

Après l’incendie de son atelier (1952), Jacques Lipchitz réalise des sculptures à la cire perdue par jour, les « semi-automatiques », puis il introduit dans ses sculptures des objets, des fleurs.



 

Une réfoua chéléma (guérison complète, en hébreu)

 

Atteint d’un cancer de l’estomac en 1958, il survit.

 

Après sa rencontre avec le rabbi de Loubavitch qui avait prédit sa guérison complète, il suit ses conseils : divorce religieusement de son ex-épouse, épouse religieusement la mère de son enfant, met ses téfilines pour ses prières matinales...

 

Il se rend pour la première fois en Israël en 1963. Il réalise des oeuvres pour le Centre médical Hadassah près de Jérusalem.

 

Vers la fin de sa vie, il crée La Vierge. Cette œuvre côtoie qui dans l'église Notre-Dame-de-Toute-Grâce du plateau d'Assy (Savoie) des créations de Fernand Léger, Henri Matisse, Marc Chagall ou Georges Rouault.

 

Jacques Lipchitz meurt à Capri en mai 1973, et il est enterré à Jérusalem.




 

Les mythes revisités

 

 
Expositions et rétrospectives sont organisées par des institutions publiques culturelles - musée national d’Art moderne et jardins du Palais-Royal de Paris, musée des Beaux-Arts de Nancy (2005), espace muséal Bellevue à Biarritz (2009) - et galeries : Marlborough Gallery… Grâce au don de la Fondation Jacques et Yulla Lipchitz, le Centre Pompidou enrichit ses collections d’art moderne.

 

En 2005, les œuvres retenues par la Galerie Patrice Trigano - dix-huit bronzes et neuf dessins sur papier - ont pour thèmes la mythologie gréco-latine (« Thésée et le Minotaure », 1942) et le judaïsme, tel « Le Schocheth » (1962), celui qui sacrifie les poulets pendant la fête de Yom Kippour (Jour du Grand Pardon). Ressort le rôle préparatoire et essentiel du dessin – encre - dans l’élaboration de l’œuvre, le traitement du sujet : l’artiste y signifie la puissance, exprime la force qu’il imprimera à la matière, les reliefs qui joueront avec la lumière, le mouvement et l’élan qui animeront les êtres. Le musée des années 30 à Boulogne-Billancourt retient « Les années françaises, de 1910 à 1940 » de ce « sculpteur, cubiste et poétique ». A partir de 1926, Jacques Lipchitz « délaisse l’étude analytique du volume chère aux cubistes pour une expression plus spontanée par le contour, l’arabesque et les vides. C’est l’éclosion d’un style expressionniste qui s’affirmera jusqu’à son départ pour New-York en 1940 ». Ses « années françaises sont celles de la Découverte – modernité du cubisme -, puis de la Liberté (expressionnisme flamboyant et personnel de son style) ».

 

En 2011, dans « l’hôtel particulier du 77, faubourg Saint-Honoré à Paris décoré par des « œuvres d’art moderne et ses collections, des sculptures de la Renaissance, des objets d’Extrême-Orient, des cabinets et créations du XIXe siècle, ainsi que du mobilier français et européen des XVIIe et XVIIIe siècles », Benjamin Steinitz présente une trentaine d’œuvres, parfois monumentales, de Jacques Lipchitz, « très influencé par l’art primitif dont il fut l’un des premiers collectionneurs au XXe siècle ».

 

« Réalisés entre 1929 à 1972, ces sculptures et dessins puisent leur inspiration dans l’antiquité gréco-romaine et les scènes de l’Ancien Testament. C’est en revisitant les mythes anciens que Lipchitz exprime ses inquiétudes face à des époques tourmentées, face au déclin de l’Europe et à la montée du nazisme ».

 

Parallèlement, « les recherches dans le domaine de la psychanalyse ouvrent de nouvelles voies dans le domaine de la création ». Pour le psychiatre Carl Gustav Jung (1875-1961), « les mythes, les rêves et les psychopathologies en tant que reflets de l’inconscient ne pouvaient être compris qu’exprimés par la mythologie, l’art et la religion », écrit Kosme De Barañano, historien d’art.

 

Dans son travail mêlant « les iconographies de plusieurs religions », Lipchitz révèle « l’expression de ces archétypes prônés par Jung ».
Jacques Lipchitz / SCULPTEUR / ARTS PLASTIQUES

Published by ANDRE - SCULPTURE, ARTS PLASTIQUES, CULTURE

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BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

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"un retraité qui prend le temps d'écouter et d'analyser tout ce qui fait notre quotidien... qui prend aussi le temps d'écrire... qui adore chiner... et qui adore les gravures anciennes... Un retraité qui aime vous transmettre ce qu'il aime, au hasard de ses souvenirs et de ses découvertes. "

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