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JULES BARBEY D'AUREVILLY / LITTERATURE / ECRIVAIN DIABOLIQUE
Barbey d’Aurevilly (1808-1889) est un des plus brillants polémistes et un des grands romanciers du XIXe siècle. Il est notamment l’auteur d’Une vieille maîtresse (1851), de L’ensorcelée (1854), du Chevalier Des Touches (1864) et des Diaboliques (1874).
 
Vous trouverez ci-dessous un extrait de  "Un amour de jeunesse", inspiré par "Le rideau cramoisi" , puis une extrait audio de "Le bonheur dans le crime".
Issu d’une famille anoblie en 1756, Barbey d’Aurevilly, né à Saint-Sauveur-le-Vicomte dans un milieu très royaliste, baigna dès l’enfance dans les récits relatifs à la chouannerie, que le futur écrivain allait transcrire dans ses œuvres. Bien que contemporain de Musset ou Nerval, Barbey ne participa pas au combat romantique, de tendance libérale, et commença assez tardivement une œuvre indépendante, en publiant d’abord Une vieille maîtresse (1851), puis L’Ensorcelée (1854). Ces romans, emplis de visions aussi sataniques que divines – Barbey cultiva toujours l’ambiguïté –, furent les premiers à nourrir une sorte de cycle normand sur la chouannerie, marqué par des chefs-d’œuvre comme Le Chevalier des Touches (1864) ou Une histoire sans nom (1882). En effet, comme Erckmann et Chatrian pour l’Alsace, Barbey ouvrit aussi la voie de la littérature régionale, que suivirent au XXe siècle Giono et Pagnol pour la Provence, Van der Meersch pour les Flandres, etc. Mais Barbey dépasse largement ce seul clivage de classification littéraire. Cherchant toujours l’envers des choses, un peu à la manière de Dostoïevski, mais un envers identifié chez lui à l’au-delà chrétien, très réactionnaire, celui que l’on surnommait le « Connétable des Lettres » fut un dandy égaré dans son siècle. En rupture avec son époque, il annonçait surtout la littérature fin de siècle, décadente et symboliste (Les Diaboliques, recueil de nouvelles, 1874). Une fois reconnu à la fin de sa vie, il fut adulé par de jeunes écrivains comme Paul Bourget, Léon Bloy et surtout Huysmans, dont il annonce le parcours religieux. C’est toute une lignée spirituelle que Barbey guida ainsi vers le renouveau des traditions royalistes, au moment où allait naître en France l’Action française de Maurras et où allait s’épanouir un retour à la religion chez Péguy et Claudel. - See more at: http://www.histoire-image.org/site/oeuvre/analyse.php?i=461#sthash.pNPG1Sev.dpufIssu d’une famille anoblie en 1756, Barbey d’Aurevilly, né à Saint-Sauveur-le-Vicomte dans un milieu très royaliste, baigna dès l’enfance dans les récits relatifs à la chouannerie, que le futur écrivain allait transcrire dans ses œuvres. Bien que contemporain de Musset ou Nerval, Barbey ne participa pas au combat romantique, de tendance libérale, et commença assez tardivement une œuvre indépendante, en publiant d’abord Une vieille maîtresse (1851), puis L’Ensorcelée (1854). Ces romans, emplis de visions aussi sataniques que divines – Barbey cultiva toujours l’ambiguïté –, furent les premiers à nourrir une sorte de cycle normand sur la chouannerie, marqué par des chefs-d’œuvre comme Le Chevalier des Touches (1864) ou Une histoire sans nom (1882). En effet, comme Erckmann et Chatrian pour l’Alsace, Barbey ouvrit aussi la voie de la littérature régionale, que suivirent au XXe siècle Giono et Pagnol pour la Provence, Van der Meersch pour les Flandres, etc. Mais Barbey dépasse largement ce seul clivage de classification littéraire. Cherchant toujours l’envers des choses, un peu à la manière de Dostoïevski, mais un envers identifié chez lui à l’au-delà chrétien, très réactionnaire, celui que l’on surnommait le « Connétable des Lettres » fut un dandy égaré dans son siècle. En rupture avec son époque, il annonçait surtout la littérature fin de siècle, décadente et symboliste (Les Diaboliques, recueil de nouvelles, 1874). Une fois reconnu à la fin de sa vie, il fut adulé par de jeunes écrivains comme Paul Bourget, Léon Bloy et surtout Huysmans, dont il annonce le parcours religieux. C’est toute une lignée spirituelle que Barbey guida ainsi vers le renouveau des traditions royalistes, au moment où allait naître en France l’Action française de Maurras et où allait s’épanouir un retour à la religion chez Péguy et Claudel. - See more at: http://www.histoire-image.org/site/oeuvre/analyse.php?i=461#sthash.pNPG1Sev.dpufJules Amédée Barbey d'Aurevilly (1808-1889)Jules Amédée Barbey d'Aurevilly (1808-1889)
Polémiste solitaire, calotin anxieux, anglophile hyperactif... Barbey d'Aurevilly, l'auteur des scabreux "Diaboliques", était surtout un génie du conte.

Né un jour des Morts - il y a deux cents ans, le 2 novembre 1808 -, Jules Amédée Barbey d'Aurevilly voyait dans cette coïncidence paradoxale un sinistre présage : « J'ai toujours cru que cette date répandrait une funeste influence sur ma vie et sur ma pensée. » L'avenir ne devait pas détromper le très individualiste et très pessimiste auteur des Diaboliques : en témoigne, jusqu'à sa mort, en 1889, son existence laborieuse, à l'écart des cénacles en vue et des consécrations officielles - « les groupes littéraires ne me tentent pas, je ne suis ni au-dessus ni au-dessous, je suis à côté ».


Longtemps fiancé à une inaccessible bien-aimée - son « Ange blanc », la baronne Louise de Bouglon -, brouil­lé, à l'exception de Baudelaire, avec tout ce que la littérature de son temps compte de grands noms (Hugo, Flau­bert, Sainte-Beuve, Zola), l'écrivain normand traverse son siècle en mage solitaire et célibataire : « Je travaille beaucoup, je suis un stylite, un fakir de solitude. » Solitude où l'oisiveté n'a nulle place : comme l'attestent les innombrables articles repris dans son grand Œuvre critique (1), Barbey d'Aurevilly épluche et commente avidement tout ce qui paraît - de Taine à Fustel de Coulanges, de Michelet au comte de Gobineau.

« Qu'y a-t-il de plus bête que les royalistes,
si ce n'est les catholiques ? »

ironise le dandy monarchiste


Cette vaste curiosité, ce savoir étendu l'autorisent à quelque hauteur. Sanglé dans une redingote à gros brandebourgs, le menton pointé par-dessus un jabot de lavallières et ses longues bacchantes incurvées accusant une lippe de mépris, le « connétable des lettres » pose avec complaisance au contempteur de son époque et de ses pairs. « Qu'y a-t-il de plus bête que les royalistes, si ce n'est les catholiques ? » ironise ce dandy monarchiste, calotin ultramontain. Le credo antidémocratique du réactionnaire Joseph de Maistre a détourné de ses idéaux républicains le jeune nobliau qui, dès 1827, quitte son Cotentin natal pour Paris, puis pour des études de droit à Caen.


Quant aux rêves de gloire militaire, Barbey d'Aurevilly s'en est défait dans l'un de ses premiers romans, Le Chevalier Des Touches, sur la chouannerie vendéenne, où transparaît l'influence de deux des maîtres qu'il revendique : Balzac et Walter Scott. Plus qu'un écrivain normand, celui qui se surnomme Lord Anxious, tant il est rongé d'inquiétude maladive, est en fait un Anglo-Normand fervent. Ses idoles s'appellent Shakespeare, Byron et Brummell, à qui Barbey consacre un essai admiratif, Du dandysme et de George Brummell. Ce goût pour le flegme altier du dandy, pour la recherche et la singularité de ses atours (gants blancs, gilets rouges), n'empêche pas Barbey « d'or vieilli » - comme le brocardent ses ennemis - de se proclamer « un casse-cou armé d'un casse-tête ». Casse-cou : l'est assurément le polémiste qui, par la vachardise de ses attaques dans Le Figaro ou Le Gaulois, se met à dos La Revue des Deux Mondes, qui lui intente un procès, qu'il perd. Casse-cou encore, le conteur scabreux qui, en 1874, à la publication de son plus célèbre recueil, Les Diabo­liques, n'évite que de justesse le tribunal pour immoralité.

« Le mot dia­bolique ou divin, appliqué à l'inten­sité
des jouissances, exprime la même chose. »


Distillant un suspense ensorcelant à la Hitchcock, ces six nouvelles, relatant de sulfureuses conversations de salon ou de boudoir, s'attaquent à un pur « casse-tête » littéraire : restituer par l'écriture l'effet oral de « la voix, ce ciseau d'or avec lequel nous sculptons nos pensées dans l'âme de ceux qui nous écoutent et y gravons la séduction ». Barbey réussit cette gageure, comme il parvient, par un judicieux va-et-vient entre dialogue et monologue, par un enchâssement savamment ourdi de préambules, d'apartés et autres digressions, à restituer le jaillissement et la mobilité de « la conversation générale, cette partie de volant où chacun allonge son coup de raquette ».


Pour insister sur les rebonds et les relances du discours de ses narrateurs - le vicomte de Brassard dans Le Rideau cramoisi, le comte de Ravila dans Le Plus Bel Amour de Don Juan, le Dr Torty dans Le Bonheur dans le crime -, Barbey d'Aurevilly prévoyait d'intituler ses Diaboliques : « Ricochets de conversation ». Ricochets, et même remous ! Car l'iconoclaste auteur d'Un prêtre marié lance de lourds pavés dans la mare : « L'enfer, c'est le ciel en creux. Le mot dia­bolique ou divin, appliqué à l'inten­sité des jouissances, exprime la même chose, c'est-à-dire des sensations qui vont jusqu'au surnaturel. » Fortement teintées d'érotisme et de voyeurisme, ces nouvelles fantastiques dé­bouchent sur de ténébreux secrets d'adultère et de mort, de transgression et d'empoisonnement - secrets surpris, révélés ou confessés par effraction progressive, d'embrasure de fenêtre en encoignure de porte : « Je me figure que l'enfer, vu par un soupirail, devrait être plus effrayant que si, d'un seul et planant regard, on pouvait l'embrasser tout entier » (Le Dessous de cartes d'une partie de whist). Cette plongée satanique dans le passé enfoui des consciences et des mémoires fascinait Marcel Proust, l'un des premiers, au XXe siècle, à avoir salué l'oeuvre romanesque du Normand. Mais le style même de Barbey avait de quoi séduire l'auteur d'A la recherche du temps perdu, par l'accumulation rythmée et suggestive d'adjectifs, comme dans cette phrase emblématique du Plus Bel Amour de Don Juan : « Lui, il eut, ce soir-là, la volupté repue, souveraine, nonchalante, dégustatrice du confesseur de nonnes et du sultan. »


En rendant justice, aujourd'hui, au génie de conteur de Barbey d'Aurevilly - à la stratégie retorse de ses récits comme à la tortueuse morbidité des âmes qu'il sonde -, il faut aussi imaginer l'homme moins malheureux qu'il ne s'est plaint de l'être. Celui qui a si bien évoqué, dans ses Diaboliques, « le bonheur dans le crime » a peut-être savouré, in petto, cette jouissance perverse et clandestine débusquée dans Le Dessous de cartes d'une partie de whist : « le bonheur de l'imposture ». « Il y a une effroyable mais enivrante félicité dans l'idée qu'on ment et qu'on trompe, dans la pensée qu'on se sait seul soi-même et qu'on joue à la société une comédie dont elle est la dupe, et dont on se rembourse les frais de mise en scène par toutes les voluptés du mépris. »

Published by ANDRE - LOISIRS, LITTERATURE

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BIEN LE BONJOUR D'ANDRE

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"un retraité qui prend le temps d'écouter et d'analyser tout ce qui fait notre quotidien... qui prend aussi le temps d'écrire... qui adore chiner... et qui adore les gravures anciennes... Un retraité qui aime vous transmettre ce qu'il aime, au hasard de ses souvenirs et de ses découvertes. "

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